Bilan de notre parenthèse nomade en Amérique

Où en sommes-nous près de neuf mois après le retour ?
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Pas évident de faire le bilan d’un voyage au long cours.

Un bilan ? Quel terme lourd de sens. Il invite à conclure, à tourner la page. Mais ai-je envie de passer à autre chose ? Pas si sûr...

Alors c'est pour cela que cet article s'est fait attendre, à défaut d’être désiré. Depuis notre retour, j'y pense régulièrement, et, chaque fois, il aurait été différent si j'avais décidé de prendre ma plume. Plutôt enjoué et enthousiaste dans les semaines qui ont suivi notre atterrissage en France, plus taciturne après la reprise du travail, plus déprimant trois mois après...

J'ai préféré laisser de l'eau couler sous les ponts, prendre du recul sur toutes ces émotions que nous avons éprouvées, sur tous ces sentiments contradictoires qui nous ont assaillis. Et, au bout de près de 9 mois, je crois que je peux enfin écrire quelque chose que je n'aurai pas envie de modifier la semaine prochaine !

Je ? C'est qui ? C'est Carine qui écrit aujourd'hui. Mais lorsque j'emploie un sujet pluriel, c'est que les autres membres de la famille ont validé mes dires d'un hochement de tête par-dessus mon épaule.

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Je crois qu'il faut 6 mois pour changer de vie. C'est à peu près le temps qu'il nous a fallu pendant le voyage pour nous adapter sans plus de stress à notre nouvelle vie de nomade, une vie normale, faite de bons moments et de galères, à gérer le quotidien dans une nouvelle configuration à laquelle il fallait s'accoutumer.

Eh bien, je dirais que c'est la même chose pour le retour. Il faut encore 6 mois pour s'y faire, même s'il s'agit d'une réadaptation à un monde connu. Donc pendant ce semestre, on passe à chaque fois par toute une série de sentiments, de questionnements. A-t-on bien fait de partir ? de revenir ? Que va-t-on faire maintenant ? De quoi a-t-on envie ? On ne sait pas. On ne sait plus...

On devient rêveur, nostalgique. À moins que nous ne le fussions déjà un peu avant de partir.

Le plus surprenant quand on rentre à la maison, après 11 mois d'absence, c'est d'avoir tout à coup l'impression de n'être jamais partis. Le voyage n'est plus qu'un songe, un mirage, il erre comme un fantôme et se rappelle à nous en déposant sur notre chemin, par-ci par-là, une photo, un mot, un goût, une odeur, une sensation...

Presque 9 mois maintenant que nous sommes rentrés. Le fantôme commence à s'éloigner mais il a laissé pas mal de traces.

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Nous avons tous envie de repartir !

Et, parallèlement, nous n’avons presque pas bougé de la maison depuis notre retour alors que le camping-car n'attend que ça tranquillement dans le jardin. Nous avions besoin de faire une pause après quarante-cinq mille kilomètres sur les routes, à changer tous les jours de bivouac.

De plus, les contraintes de l’itinérance sont pesantes sur une longue période, alors je crois qu’il faut veiller à ne pas idéaliser ce mode de vie non plus. Au prochain départ pour un voyage au long cours, je VEUX une machine à laver ! Le lavage à la main tous les deux jours ou l'arrêt laverie tous les dix jours, personnellement, j'en avais vraiment assez au bout de 11 mois ! Mais comme cela ne rentrera pas dans un camping-car, il faudra trouver une autre solution... De même, faire l'instruction en famille, ce n'est pas simple tous les jours non plus !

Souvent, on se dit que l’idéal serait de partir pour trois mois, revenir quelque temps, puis s’évader à nouveau le temps d’une saison. Cela permettrait de jongler entre notre vie sédentaire qui nous plaît et le plaisir d'avoir du temps pour découvrir de nouvelles destinations. Et cela simplifierait tellement les démarches administratives ! Mais pour l'instant, notre activité professionnelle ne nous le permet pas. Peut-être est‑ce là le début d’une nouvelle aventure qui se dessine, professionnelle d’abord, personnelle ensuite, à moins que ce ne soit les deux en même temps.

Enfin, le décalage avec la société dans laquelle nous vivons, que nous ressentions déjà avant notre départ, n’a fait que s’accentuer, évidemment. Peu enclins à consommer à tout prix, nous nous dirigeons de plus en plus vers ce que certains appellent le minimalisme, à notre façon. Nous n’aimons pas les étiquettes et j’ai personnellement beaucoup de réticences à entrer dans un moule. Mais ça, ce n’est pas nouveau !

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Aujourd’hui si c’était à refaire, nous recommencerions sans hésiter, de la même façon. Seulement, désormais, nous avons apprivoisé nos angoisses. Ainsi, la scolarité des enfants ne serait plus un frein à l’embarquement vers de nouvelles aventures.

Nous ne voulions pas nous évader sur les années lycée de notre fils aîné, d’où un départ assez rapide entre la décision et la mise en œuvre en 2017. À présent, cela ne nous inquiéterait guère. Il suffit de s’organiser, tout est possible. De même, les inconvénients que nous pouvions trouver à certaines destinations, il y a deux ans, ne constitueraient plus des obstacles aujourd’hui.

Si les finances suivent, c’est plus facile, clairement. Il ne faut pas se voiler la face. Donc la priorité, maintenant, est de garnir à nouveau le compte en banque pour, peut-être, un jour, partir encore pendant une longue période.

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Pour prolonger l’aventure, Nicolas et moi suivons de nombreux voyageurs grâce aux réseaux sociaux et avons entrepris de terminer le récit du voyage commencé pendant le périple pour donner naissance à un livre.

Publier ce bilan ne signifie pas que nous arrêterons d'écrire des articles pratiques ou des carnets de voyage. Nous continuerons d'alimenter le blog avec, probablement, des articles plus généraux, le récit de nos futurs road-trips et, peut-être y verrez-vous la naissance de nouveaux projets.

Merci de nous avoir suivis et de continuer d'être là tout ce temps après notre retour.

À très bientôt sur les routes.


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Parenthèse nomade - Le livre

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Bibiane Baillargeon

Bonjour, ce fut très agréable de vous suivre. Merci pour ces dernières nouvelles. C’est toujours plaisant de savoir ce qu’est devenu les gens après tant d’aventures. Un tel voyage, veut, veut pas, ça change souvent qui on était. Bonne chance dans cette nouvelle vie.

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