Le choix du véhicule

Propriétaires d’un camping-car depuis 2 ans, nous avons naturellement fait transporter ce dernier vers l’Amérique du nord. Mais il existe aussi le choix de la location ou de l’achat sur place.
Partager cet article

Le transport maritime de notre camping-car

La recherche d’un intermédiaire pour le transport maritime a été un long chemin de croix.

Ce qu’il faut tout de suite savoir, c’est qu’un particulier ne peut pas démarcher directement les compagnies maritimes pour faire transporter son véhicule. Il faut absolument passer par un transitaire qui négocie avec ces dernières.

Ensuite, il existe trois types de transport à choisir en fonction du gabarit du véhicule. Pour les plus petits, types vans aménagés, il est possible d’utiliser un conteneur classique. Pour les plus hauts, on peut les charger dans un conteneur open-top. Mais le plus simple est l’option RoRo. Le Roll-On Roll-Off signifie que votre véhicule est conduit depuis le quai vers un énorme cargo qui ressemble à un gigantesque parking flottant. Les avantages sont le coût, le fait que votre véhicule fait la traversée à l’abri et qu’il ne subit pas les manipulations d’une grue de déchargement pour entrer et sortir du bateau. L’inconvénient est la sécurité des biens à l’intérieur du véhicule qui est laissé au port en attente de son chargement et de sa récupération. Le choix est à faire auprès de l'intermédiaire.

En recherchant longuement sur internet, nous avons trouvé les quelques ports français qui desservent le continent nord américain. Nous avons ensuite cherché les fameux transitaires qui y étaient installés et les avons contactés par mail. Nous avons quasiment fait choux blanc car seul l’un d’entre-eux a fini, après de multiples relances, par nous faire un devis.

Heureusement, il existe en Europe un spécialiste que nous avons fini par dénicher à force de recouper des informations sur différents sites et blogs : SeaBridge, une compagnie allemande créée par un ancien globe-trotteur ayant eu lui-même des difficultés à faire transporter son véhicule et ayant décidé d’en faire son business. Les interlocuteurs de cette société sont extrêmement compétents et réactifs. Nous avons pu avoir des devis en moins de 48 heures, ils parlent allemand, anglais et même un peu français, ce qui facilite les échanges. Leur site internet est clair et décrit parfaitement leur activité en donnant, ce qui est rare, des ordres de prix suivant les destinations choisies. De plus, le devis a été beaucoup plus intéressant que celui de l’autre mandataire. Par la suite, la marche à suivre nous a parfaitement été présentée par SeaBridge. Un livret d’une cinquantaine de pages nous est envoyé et nous indique toutes les procédures à respecter pour l’embarquement du camping-car et sa récupération. Le paiement ne se fait que lorsque le véhicule est sur le bateau. Pour l’aller (nous ne sommes pas encore rentrés), tout s’est passé à merveille autant à Anvers qu’à Halifax. Jusqu’à présent, nous nous félicitons d’avoir choisi cette société avec qui les nouvelles démarches pour le retour du camion ont été faites avec tout autant de sérieux et d’efficacité. Pour les tarifs, tout sera disponible dans l’article sur le budget.


La location d’un camping-car sur place

Cette option offre l’avantage d'éviter le transport maritime et de faciliter les démarches pour l’assurance du véhicule puisqu’elle est proposée par le loueur. Vous avez aussi moins de soucis à vous faire sur les ennuis mécaniques possibles. Toutefois, attention au budget. A coup de 800€ minimum la semaine avec assurances, cette option n’est valable que pour un court séjour. Le prix d’un RoRo aller-retour correspond à peu près à 8 semaines de location. Même en rajoutant le coût de l’assurance, on passe à 10-11 semaines. Il faut en plus savoir que les véhicules de location US sont très gourmands en carburant et vont au minimum doubler votre budget essence. Et vous ne pourrez pas sortir du pays de location avec lui (à part Canada-USA).


L’achat d’un camping-car sur place

Nous avons rencontré des voyageurs ayant acheté un véhicule d’occasion sur place. Ils ont ensuite réussi à le revendre avant de repartir. L’assurance a pu être prise sur place avec un assureur local qui leur a permis d’user de l’adresse de ses bureaux comme adresse de résidence. Le tarif a donc été largement inférieur à celui obtenu pour un véhicule européen avec des propriétaires non-résidents (notre cas). L’inconvénient principal est le temps perdu à trouver un véhicule, à le revendre et à gérer la question assurance dans un pays étranger et donc dans une langue plus ou moins bien maîtrisée. Le problème du coût du carburant reste le même qu’avec un véhicule de location et il faut penser à racheter tout ce dont on a besoin pour le véhicule (vaisselle, équipement extérieur et j’en passe...). Et l’assurance sur place reste pour nous un point litigieux. Tant qu'on n'a qu’à la payer, il n’y a pas de problèmes, mais pour la faire jouer en cas de pépins, nous sommes moins sûrs des petits arrangements conclus avec l'assureur. En France, une fausse déclaration rend un contrat d'assurance caduc et expose à des poursuites judiciaires. Qu'en est-il en pays étranger lorsqu'on met une fausse adresse au contrat ?


Bilan

Le transport et l’assurance du véhicule constituent un poste très lourd dans le budget global. Mais cela possède l’avantage de partir avec un véhicule que l'on connaît et que l'on a préparé. En partant en famille, il est aussi un repère pour les enfants qui ont déjà vécu avec lui. Le fait de disposer d’un volume appréciable pour amener tout le matériel nécessaire au périple est aussi largement appréciable.

Le seul gros point noir est l’entretien du véhicule. Trouver des pièces pour un camping-car européen aux USA est un vrai parcours du combattant et il faut se débrouiller par soi-même avec des sites de ventes en ligne. Aucun vendeur de pièces détachées ne cherche à aider car nos véhicules ne sont pas connus dans leurs ordinateurs. Au Mexique, cela est certainement plus simple car les garages cherchent toujours à vous aider ou du moins à vous dépanner, mais cela reste tout de même folklorique. Il faut donc partir avec le maximum de pièces de rechange de base sans pour autant faire exploser le PTAC du camion, choix délicats. Le problème se pose aussi bien pour les pièces mécaniques que pour les pièces et accessoires de la cellule.

Enfin, notre camping-car monté sur un FIAT 2,3l traction résiste bien mais son poids, à la limite des 3,5 tonnes (réparti surtout à l'arrière) nous a joué des tours. Nous nous sommes enlisés deux fois et avons patiné sur la montée de quelques routes gravillonnées. Sur les routes du Mexique, le véhicule tremblait de partout et donnait l'impression que tout allait tomber en pièces. Nous étions également bien trop gros (6,5m de long, 3m de haut, 2,8m de largeur avec les rétroviseurs) pour circuler dans certaines villes mexicaines où nous amenait parfois le GPS (rien de mieux qu'un copilote avec une carte !). C'est aussi pour ces raisons là que nous n'avons pas poursuivi la route au-delà du Mexique. Nous pensons que notre véhicule n'était pas adapté pour faire un périple plus au sud, même si de nombreux voyageurs en font l'expérience avec des véhicules comme le notre. A chacun ses choix...

Poster un commentaire

Si vous êtes déjà inscrit sur MyAtlas, connectez-vous ! Pas encore inscrit ? Découvrez MyAtlas, le site qui permet de raconter et organiser ses voyages.