Retour à l'est du Canada en camping-car

Un an en famille pour découvrir les splendeurs des Amériques à bord de notre camping-car. Au total, 5 carnets de voyage présentent notre périple. Celui-ci est le 5ème de la série.
Du 6 juin au 13 juillet 2018
38 jours
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Ce carnet présente la traversée de l'est canadien vers le port d'Halifax, 5ème partie de notre voyage en Amérique du nord.

Si vous avez manqué le carnet précédent, c'est ici.

Lire les articles relatifs aux aspects pratiques de notre voyage en Amérique du nord ici

6
juin

Nous vous avions quittés le 2 juin dans les Badlands du Dakota du Sud et nous voilà 4 jours plus tard au bord du Lac Supérieur en Ontario à Terrace Bay.

Entre temps, nous avons donc parcouru quasiment 1500 km et traversé une frontière. Mais, pour nous, c'est un vrai changement d'univers.

Après les prairies verdoyantes du South Dakota avec son cortège de cowboys et ses troupeaux de paisibles bovidés, nous avons traversé une partie de la grande plaine agricole du Middle West. On s'attendait à un univers d'une platitude absolue recouvert de champs de céréales à perte de vue et nous avons finalement traversé un paysage assez vallonné, entrecoupé de quelques jolies fermes et de petits bois, presque comme à la maison. Et puis, d'un coup, en quelques kilomètres, nous sommes passés au milieu du Minnesota dans un paysage de forêts du Grand Nord recouvert d'une multitude de petits lacs d'origine glaciaire. Entre temps, nous avons coupé les deux mythiques fleuves Missouri et Mississipi (nous avons même dormi au bord du premier). Pour la fin de notre parcours états-unien, nous avons longé le lac Supérieur, plus vaste étendue d'eau douce du monde. Et enfin, hier, nous avons passé la frontière à Grand Portage, en deux temps trois mouvements. Nous n'avons même pas croisé un douanier US, et leurs collègues canadiens, après trois petites questions, nous ont laissés passer sans encombre et sans même regarder le camping-car. Un vrai bonheur. C'est après que les choses se sont gâtées. Notre étape prévisionnelle pour cette première nuit au Canada nous emmenait dans la ville de Thunder Bay. Je me suis un peu fait avoir par l'office de tourisme local qui ventait les beautés de la ville. Au final, c'est une grande cité industrielle avec son lot de laissés pour compte errant dans cette ville sans âme. Mon premier bivouac ressemblait à une carte postale sur le Sleeping Giant avec malheureusement en arrière plan une zone classée Seveso. Pas terrible au final ! Le second n'étant pas beaucoup mieux, situé en dessous des lignes haute tension, nous finissons finalement sur un parking de Walmart entre les voies ferrées et les désœuvrés locaux. Une nuit pas terrible mais pas catastrophique.

Au petit matin, on change nos dollars US, on fait nos premières courses et on file d'ici. Ce soir, après une belle étape le long du lac, nous dormons à ses pieds sur une magnifique plage avec une rivière dévalant en cascade dans notre dos. Malheureusement, il pleut et il fait froid.

9
juin

De bon matin, il y a trois jours, sur la plage de Terrace Bay dont je vous ai parlé au dernier post, nous avons eu une drôle de visite. Au petit jour, pas encore bien réveillé, je regarde par la fenêtre de la capucine et je vois au loin un volatile au plumage bien différent de ceux rencontrés jusqu'ici au Canada. Pris d'une subite envie de vérifier mon pressentiment, je m'habille vite fait, j'enfile des chaussures sans faire les lacets, je prends l'appareil photo et je file sur la plage. Après cent mètres dans le sable, je zoome sur l'oiseau en question et surprise, ce que je pressentais se réalise ; il semblerait que ce soit un grand rapace, je pense même qu'il s'agit du fameux Bald Eagle, l'aigle pêcheur américain, symbole des USA. Nous en avions entraperçu un au Lake Martin en Louisiane mais pas de si près. Je prends deux photos au vol et ce dernier, dérangé, s'enfuit à tire d'ailes.

Dommage ! Mais il fait finalement le coquet et se poste sur la cime d'un arbre quelques mètres plus loin. Je poursuis donc mon échappée dans le sable et me poste au plus prêt pour refaire quelques clichés. Ce timide me laisse à peine quelques dizaines de secondes et fuit définitivement vers d'autres horizons. Un drôle de réveil et un bon souvenir pour moi !

Après cet épisode animalier matinal, nous reprenons notre long chemin et faisons seulement quelques étapes où les bivouacs nous le permettent. L'un d'eux est à Wawa, au bord de furibondes chutes d'eau en aval d'un petit lac de retenue.

Le lendemain, cap vers le Lac Huron, le deuxième de notre parcours. Grosse journée route et pas de photos, le bivouac et le paysage de la journée n'étant pas vraiment photogéniques.

Aujourd'hui, une petite incursion sur l’île de Manitoulin, la plus grande île lacustre du monde. On y voit des forêts à perte de vue, des lacs par centaines et peu d'habitants. Bref, un bel exemple du Canada en général.

Pour ceux qui n'aiment pas le vert, ici, c'est l'enfer...
C'est l'été pour les Canadiens, ils se baignent dans les cascades. Nous, prudents, on reste au sec. 

Et pour finir, l'épisode "les nord-américains sont bizarres quand même", aujourd'hui comment se rendre à son cours de guitare ... en tondeuse bien sûr. Marcher, c'est trop dur !

11
juin

La tournée des grands lacs continue. Aujourd'hui, le lac Ontario et le lac Erié. Ce qui rend célèbres ces deux derniers, c'est la rivière qui les relie, le Niagara et surtout ses fameuses chutes d'eau qui délimitent la frontière entre les deux voisins nord-américains. Les deux pays ont transformé le site en un gigantesque piège à touristes. Du côté USA, un State park pour s'approcher au plus près des deux cascades, des passerelles gigantesques pour se rendre jusque sous les énormes trombes d'eau et une légende de la navigation touristique, le Maid of the Mist qui navigue sur cette rivière au pied des chutes depuis 1846. Côté canadien, une esplanade de plus d'un kilomètre qui surplombe le courant, un ascenseur qui vous descend derrière la plus grande des cataractes et aussi un bateau qui se précipite, avec ses centaines de spectateurs encapuchonnés de cirés aux couleurs vives, vers une douche gratuite de dix minutes. Pour nous, point trop n'en faut et nous avons profité un peu moins d'une heure de la superbe vue du côté canadien vers ses deux géantes tonitruantes : un peu trop touristique à notre goût et un côté un peu suranné version vieux parc d'attraction de la zone canadienne.

Ce soir, étape au bord du lac Erié où nous espérons mieux dormir que la nuit dernière, où les trains ont vibré et hurlé toutes les heures...

15
juin
15
juin
Montebello

Le Parc Omega

A notre passage au Québec au mois de septembre dernier, les enfants nous avaient parlé d'un parc animalier qu'ils avaient découvert au travers d'une vidéo Youtube et qui, soit disant, était génial. Nous l'avions laissé de côté à ce moment là afin d'éviter un détour supplémentaire et leur avions promis d'y penser au retour. Chose promise, chose due. Nous avons donc pris des billets en ligne hier pour leur faire la surprise ce matin. L'effet a été total car je pense qu'ils avaient été jusqu'à oublier totalement cet épisode et donc ce zoo. Mais leur joie n'en a été que plus grande de revoir tous ces animaux nord américains en pleine nature (ou presque), ce parc étant un enclos géant ou l'on se promène en véhicule avec la faune tout autour de nous. Seuls les prédateurs sont séparés des autres pensionnaires, pour des raisons, dirons nous, de cohabitation compliquée. Pourtant une petite chasse d'une meute de loup aurait été un joli spectacle, mais un peu trop sanguin peut-être pour une attraction familiale.

Et pour finir, ce qui est le plus drôle ici, c'est que ce sont les visiteurs qui sont en cage...

... et que ce sont les animaux qui viennent les importuner. Vengeance de mère Nature !

20
juin

Voilà, cette longue traversée du Canada se rapproche de sa fin. La route a quand même été un peu longue mais la semaine passée a été riche en rencontres. Nous avons passé quelques jours dans le charmant village de St Sauveur des Monts. Ce qui est très drôle pour un européen, c'est que ce coquet petit village un tant soit peu touristique est en fait une station de ski ... à 185m d'altitude. Oui, vous ne rêvez pas et je n'ai pas oublié un zéro. On va dire qu'ici la neige n'a pas de difficulté à tomber en hiver, il paraît que le climat est légèrement rigoureux. La moindre petite colline peut donc être exploitée comme station de ski. Très étonnant et rafraîchissant. Nous y avons passé un agréable week-end tranquille à profiter des joies de cette ville rythmée par un gentil petit festival.

Ensuite, les merveilles d'Internet nous ont permis de faire une chaleureuse rencontre avec des globe trotteurs québécois vivant à Saint-Alexis-des-Monts. Ces derniers ont fait une partie du même parcours que nous dans l'est puis dans l'ouest américain. Nous aurions même pu nous rencontrer sur cette dernière partie mais nous nous sommes ratés de quelques jours. Nous avons partagé en fait de nombreux bivouacs grâce à l'application Ioverlander, la bible du voyageur itinérant en quête de solutions pour la nuit. Heureusement, notre hôte a été persévérante et a fini par nous trouver sur Facebook et par nous contacter par ce biais. Nous avons réussi à faire coïncider nos agendas pour arranger cette rencontre. Un vraie belle après-midi de partage, avec des échanges riches et instructifs. Merci à eux pour ce formidable accueil qui nous aura fait toucher de près la culture et le quotidien des Québécois.

Et le meilleur pour la fin, nous nous retrouvons depuis jeudi sur Lévis avec des ... Nérigeannais d'origine qui ont eu la bonne idée de s'installer au Québec pour nous permettre de faire une agréable pause dans notre traversée finale vers Halifax. Un grand plaisir de se retrouver, de bons moments à vivre pour les quelques jours à venir, des enfants heureux eux-aussi de se retrouver et de se sentir un peu comme à la maison, que du bonheur et une pause salutaire dans ce dernier tronçon du parcours.

25
juin

Nous avons passé un super moment ces derniers jours avec des amis expatriés au Québec, à profiter d'eux (nous avions beaucoup à nous raconter depuis nos départs respectifs) et de leur maison (nous avions oublié comme c'était bien de pouvoir ouvrir le robinet d'eau sans se demander s'il en restera suffisamment pour le lendemain...).

Cet arrêt près de la ville de Québec, un peu plus long que nos étapes ordinaires, nous a donné l'occasion d'aller voir les chutes de la Chaudière, que nous aurions certainement laissées de côté si nos amis n'avaient pas habité dans le secteur. C'était encore un joli paysage de cascade, de roches tourmentées et avec quelques points de vue vertigineux.

Nous quittons les Québecois d'adoption provisoirement pour nous rendre pendant 4 jours plus au nord dans un camping afin d'observer à nouveau les baleines avant de quitter le continent, ce genre d'expérience exceptionnelle ne se présentant pas très souvent dans une vie. Nous reviendrons voir nos amis en fin de semaine, histoire de profiter d'eux encore un peu, parce que cette occasion non plus ne nous arrivera pas fréquemment.

28
juin
28
juin

Nous sommes de retour aux Grandes Bergeronnes où nous avons élu domicile pour quelques jours dans le camping Paradis marin. Ce lieu magique donne l'occasion d'observer les baleines depuis la rive car le Saint-Laurent ici est profond de 400m à très peu de distance de la berge.

Avant d'arriver, il faut encore prendre le traversier pour franchir le Saguenay, et nous scrutons l'horizon à la recherche de cétacés car c'est à cet endroit que nous en avions vu l'année dernière pour la 1ere fois. Mais aujourd'hui, rien...

Arrivés au camping, nous prenons donc nos quartiers sur les rochers et attendons malgré le froid que les baleines fassent leur show. Au loin, quelques bélugas pointent leur nez au soleil couchant et accompagnent l'ascension de la lune dans le ciel.

Au matin du 2ème jour, les bélugas sont toujours dans le secteur. La pleine lumière permet d'en faire quelques photographies.

Le temps passe à observer le Saint-Laurent mais les plus gros spécimens de cétacés n'ont pas l'air de vouloir passer par là. Le dernier jour ne fut pas plus propice pour l'observation. Une épaisse nappe de brouillard s'est levée sur le Saint-Laurent et rend le paysage irréel.

Par moments, le brouillard est tellement épais que seul le haut des mâts des grands bâtiments sont visibles. 

Ces quelques journées sur les rives du Saint-Laurent ne nous ont pas permis d'observer les baleines comme nous le souhaitions mais ont gravé dans notre mémoire ces quelques superbes images.

3
juil

Nous voilà donc de retour à Lévis, sur la rive sud du St Laurent, en face de Québec.

Après ces quelques jours d'escapade aux Bergeronnes, nous retournons chez nos amis lévisiens afin de profiter des derniers instants de notre long périple pour passer du temps avec eux. C'est un peu pour nous des vacances au bout de ce long voyage. Prendre le temps de "jaser" (attention expression québecoise), refaire le monde autour d'un bon repas, goûter aux plaisirs simples de la vie, voilà notre programme au cours de cet agréable séjour.

Nous trouverons quand même quelques heures dans cet emploi du temps surchargé pour refaire un tour de la ville de Québec avec eux.

Et au retour, nous nous accordons une petite pause pour nous rafraîchir au Festibière, les petits en déambulant dans les jets d'eau et pour les grands, je vous laisse deviner. Je crois même que j'ai trouvé le futur camping-car pour mes vieux jours ... mais j'hésite entre deux modèles !

Le vert est plus maniable, l'autonomie de l'autre est plus intéressante...  

C'est avec le cœur lourd que nous quittons Lévis aujourd'hui, afin de parcourir les derniers kilomètres de notre trajet. Il faut s'en avaler encore un bon millier avant de rejoindre Halifax, notre destination finale. Il faut ranger, nettoyer et préparer le camping-car avant son embarquement la semaine prochaine. Ce soir, à nouveau dans notre petite maison roulante, nous profitons d'un beau bivouac près de Rimouski en pensant à toutes les belles choses qui ont jalonné notre road-trip, la semaine passée en faisant à coup sûr partie.

Nos vigiles pour la nuit.
7
juil

Après deux nuits dans le New-Brunswick un peu compliquées - la première avec une bande de jeunes légèrement éméchés et trop bruyants à notre goût qui nous auront fait migrer vers le Walmart local, la seconde sur un parking bien plus paisible mais avec une chaleur caniculaire jusque là inconnue au Canada - nous voilà de retour à Peggy's Cove. Si vous vous souvenez bien, ce fut le cadre de notre première étape en camping-car.

Hier, le temps était à la tempête à notre arrivée ...  

Nos sentiments sont très partagés à ce stade de notre parcours et le fait de repasser au même endroit rend les émotions encore plus fortes. Se dire que nous étions en ce même lieu il y a plus de dix mois et demi nous fait malheureusement comprendre que cette parenthèse nomade prend fin. Nous avons pourtant bien profiter de cette longue escapade en Amérique du nord. L'heure n'est pas encore au bilan. Pour cela, il faudra laisser passer un peu de temps comme pour faire lever une bonne pâte à pain. Et puis, d'un autre côté, nous sommes heureux de retrouver les personnes laissées dernière nous et qui nous ont suivis avec tant d'attention. Il nous reste quelques jours pour finaliser l'envoi de notre maison roulante à travers l'océan. Nous prenons notre temps même si celui-ci file en fait très vite. Peut-être n'aurez-vous de nos nouvelles qu'à notre retour. En attendant, merci à tous les followers de ce long périple et à tous les messages que vous nous avez envoyés et qui nous ont tous touchés.

A bientôt sur l'autre rive de l'Atlantique.

13
juil

Ça y est, c'est fait. Nous voilà de retour. Ces derniers jours n'ont pas été de tout repos mais nous nous en sommes plutôt bien tirés. Les dernières préparations du véhicule se sont bien passées. Tout rentrait bien dans la soute du camion et le reste tenait à peu près bien dans nos sacs de voyage. Lundi, nous sommes arrivés sur Halifax pour prendre nos quartiers dans un premier hôtel proche du port, celui dans lequel nous avions dormi à l'aller. Le lendemain, nous avons déposé le camion au port en deux temps trois mouvements. Il ne partira que le 19 juillet mais il est bien avec tous ses copains sur le quai d'embarquement. Ils doivent en avoir des choses à se raconter... Mercredi, nous avons migré vers l'aéroport en faisant une petite pause pour manger dans un "diner" version Happy Days, rigolo mais un peu bourratif, bref très nord-américain. Nous avons ensuite rendu notre véhicule de location en trois minutes chrono et profité de notre hôtel de l'aéroport (3 étoiles, une fois n'est pas coutume) tout l'après-midi.

Le temps a vite filé et nous nous sommes retrouvés dès la matinée suivante dans notre marathon aéroportuaire. Trois vols, deux correspondances, une nuit de moins de trois heures, tout pour plaire. Au final, tout s'est bien passé et nous étions à Bordeaux à 10h30. Mamie était déjà là pour venir nous chercher. Nous avons passé l'après-midi ensemble à parler de notre aventure tout en essayant de ne pas céder au sommeil qui nous menaçait gravement.

Le soir, nous avons retrouvé notre "Home sweet Home" comme si nous l'avions quitté la veille. Merci à nos gentils anges-gardiens d'avoir si bien pris soin d'elle. Maintenant, il n'y a plus qu'à récupérer du décalage horaire tout en réinvestissant tranquillement ce grand espace de vie. Les nuits sont pour l'instant un peu compliquées pour tous surtout avec cette belle chaleur estivale.

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Ceci est la dernière publication de notre récit de voyage mais vous pourrez continuer à nous suivre sur la page https://www.parenthesenomade.fr où nous ferons encore quelques articles liés aux aspects pratiques du périple et bien d'autres choses encore... N'hésitez pas à vous y abonner, c'est très simple, un clic en haut de page et c'est fait.


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