L'ouest des Etats-Unis en camping-car

Un an en famille pour découvrir les splendeurs des Amériques à bord de notre camping-car. Au total, 5 carnets de voyage présentent notre périple. Celui-ci est le 4ème de la série.
18 mars au 6 juin 2018
80 jours
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Bienvenue à tous sur notre carnet de voyage.

Ce carnet présente la traversée de l'ouest des USA du nord au sud, 4ème partie de notre voyage en Amérique du nord.

18
mars

Nous vous avions laissé la semaine passée à la frontière mexicaine. Nous voilà donc aujourd'hui aux USA. Ouf! les douaniers nous ont laissés passer !!! Mais que d'aventures entre temps !

Tout d'abord, la traversée de frontière. Levés de bonne heure dimanche matin, après une charmante nuit sur une station service (circulation toute la nuit et réveil au son de la musique mexicaine si chère à nos oreilles), nous partons vers la frontière, en faisant étape au bureau d'immigration afin d'enregistrer la sortie du véhicule et se faire rembourser la caution qui va avec. Malheureusement, ce dimanche s'accompagne du retour de nombreux mexicamericains vers leur Texas d'adoption. Donc, après avoir compris qu'il ne fallait pas faire la queue au guichet (une petite demi-heure de perdue !), nous nous retapons une nouvelle file d'attente, cette fois-ci en voiture. Trois-quart d'heure plus tard, une sympathique guichetière nous prend nos documents d'importation, prend quelques photos du véhicule (on ne sait toujours pas pourquoi ?), détache notre badge du pare-brise du CC et nous redonne un reçu indiquant le remboursement de la caution dans les prochains jours. Le tout en cinq minutes chrono, au revoir et à bientôt. Toujours légèrement suspicieux, nous nous demandons si nous reverrons notre "deposito" (au final, trois jours plus tard, l'argent est sur le compte, merci aux douanes mexicaines). Nous filons donc vers la "vraie" frontière qui se trouve 70 Km plus loin pour affronter les douaniers des deux pays. Arrivés devant le pont international sur le Rio Grande, la queue est déjà spectaculaire. Il est 11h30, nous sortirons des douanes américaines trois heures plus tard, à 15h30 car, en plus, il y a une heure de décalage horaire entre les deux pays (les USA sont passés en heure d'été le 11/03/2018). A part cette longue attente, tout s'est très bien passé : pas de contrôles des douanes mexicaines, des douaniers américains souriants et avenants, un second permis de 90 jours obtenu en 15 minutes à peine après trois petites questions insignifiantes ... bref, une vraie sinécure. Nous allons faire le plein de courses au Walmart local (Le frigo est vide, passage de frontière oblige, aucun produit frais ne peut passer d'un côté à l'autre du Rio Grande) et nous rendons au point de chute que nous avions trouvé à l'aller à quelques quinze kilomètres de là. Nous sommes installés vers 18h, le frigo et les placards pleins, nos derniers pesos changés en dollars, il fait beau mais pas trop chaud, l'apéro et le repas nous réconfortent comme il faut ... tout va bien ... jusqu'à la tuile !!!

Au moment de passer à la phase vaisselle, plus d'eau au robinet ! On démonte les banquettes du CC pour tester l'électricité et la pompe à eau. Et bien, encore une fois, c'est cette satanée pompe qui nous lâche. Il ne nous reste plus qu'à en trouver une nouvelle. Plus facile à dire qu'à faire.

Le lendemain, nous retournons à la ville frontière d'Eagle Pass mais ne trouvons aucun magasin pour nous dépanner. Nous continuons donc vers Del Rio, une autre ville frontière, où la présence de nombreux RV Park nous laisse présager une autre issue à notre quête. Heureusement, le premier vendeur recherché me revend une pompe toute neuve (made in Canada alors qu'au Canada au mois de septembre, on en a acheté une made in China, cherchez l'erreur...). Je n'ai plus qu'à l'installer. Une heure plus tard, la chose est faite et à part l'oubli d'un resserrage de collier qui me vaut une petite douche, tout fonctionne pour le mieux, on verra juste à l'usage.

Nous rejoignons, soulagés, notre premier bivouac, où une vue magnifique nous fait presque oublier les péripéties des derniers jours. Les paysages nous donnent déjà un avant-goût du Grand Ouest, le voyage continue...

20
mars

Enfin, nous y voilà, le Grand Ouest Américain et ses paysages à couper le souffle.

Pour débuter, nous avions décidé de repasser la frontière au Texas afin de pouvoir faire le parc national de Big Bend. Ne le cherchez pas dans les parcs les plus connus des USA, il est l'un des dix moins visités du pays. Il est malheureusement victime de son grand éloignement mais les paysages qu'il propose ont l'air d'être une excellente entrée en matière pour débuter notre retour aux States.

Tout d'abord, quelques caractéristiques assez hallucinantes : sa taille, 3252 km2 soit un petit peu plus grand que le département du Rhône - tout au plus une centaine d'habitants si je compte tous les rangers comme résidents à demeure ce qui, à mon avis, n'est pas le cas (je rappelle que le Rhône en compte plus de 1,8 millions - légère différence de densité me semble-t-il mais je ne suis pas géographe) - une faune diverse et variée où se mêlent animaux du désert comme le road-runner ou le coyote et animaux improbables en ces milieux arides comme l'ours noir ou le castor.

Vue la grandeur du parc, nous ferons plus de 500 km de routes en 3 jours pour en visiter les principaux points d’intérêts mais sans non plus y faire tous les détours menant aux sites secondaires.

Nous débutons notre périple en cherchant un camping pour la nuit. Nous avons évité de rentrer un week-end pour être sûrs de trouver un spot pour la nuit car, bien que peu visité, nous sommes à Spring Break et le parc semble être plein pour cette courte saison même s'il n'a pas les mêmes charmes que Cancun. Et bien, ce fut juste puisqu'il a fallu partager le dernier des cents emplacements avec un gentil couple d'étudiants. Ouf...

Nous profitons de la fin d'après midi pour faire notre première balade au bord du Rio Grande. La faune est au rendez-vous dès les premiers hectomètres et la vue sur les formations rocheuses environnantes et l'oasis au bord du fleuve sont magnifiques.

Le lendemain, petite frayeur avec une des batteries cellules qui semble être à plat sans raison visible. En roulant un peu et avec le panneau solaire, elle semble reprendre vie. On verra bien en soirée.

Et puisque les ennuis arrivent toujours par trois (enfin, c'est plutôt le cas chez nous), au moment de nous lancer dans notre première randonnée de la journée au canyon de Boquilla del Carmen, à peine avons-nous contourné le premier lacet du chemin, que nous nous faisons attaquer par des abeilles mises en colère par, je ne sais quelle raison. Elles nous poursuivent jusqu'au parking et ne nous laisserons tranquilles qu'après l'extermination de plusieurs d'entre elles. Je m'en tire avec trois piqûres, Carine et Clément une seule et heureusement le petit est épargné. Bien mauvaise façon pour commencer la journée, tout le monde est un peu sous le choc et on ne sait pas trop comment continuer.

Finalement, on essaye de laisser cet épisode traumatisant derrière nous et on se rend dans les hauteurs de Chisos Basin. Bien nous en prend, les paysages sont plus beaux les uns que les autres, nous trouvons par miracle une place de camping au cœur de la montagne et nous attaquons une nouvelle excursion de trois heures, le "Windows Trail". Cette fois, tout se passe bien et la balade nous mène à un magnifique point de vue sur le parc après avoir traversé de splendides paysages.

Le lendemain, cap sur la route scénique qui nous amène jusqu'au canyon de Santa Elena. Les nombreux arrêts prévus le long du trajet dévoilent toutes les beautés de cette partie du parc et les quelques balades nous en ajoutent d'autres. Un vrai régal !

Trois jours à en prendre plein les yeux, malgré les quelques petits déboires vite oubliés. Vivement la suite...

24
mars

Au bout de 3 jours dans le parc de Big Bend, il a fallu songer à poursuivre notre route. Pour ces 3 mois à l'ouest des USA, il ne faudra pas trop traîner, les distances à parcourir sont colossales.

La sortie du parc est à environ une première cinquantaine de kilomètres du camping. On y trouve la première "ville" de la journée et la seule avant 150 Km, il ne faut pas rater l'unique station service du coin ! Le pâté de maisons ressemble plutôt à une ville fantôme sortie tout droit d'un western, et le propriétaire de la station fait aussi RV park lorsqu'il n'y a plus de places dans les campings du parc national, laverie et épicerie, c'est-à-dire qu'il vend des chips, des glaces et du coca, uniques apports nutritionnels des Etats-uniens.

Notre objectif est de rejoindre Carlsbad Cavern NP qui se situe à environ 500 Km, tout en conciliant nos soucis logistiques. Nous coupons donc la route en 2 étapes.

La première nous mène au milieu de nulle part. Nous décidons de nous arrêter sur une aire de pique nique en bord de route. Les paysages traversés, bien que n'étant dans aucun guide, ni parc national, restent magnifiques et nous réservent encore une petite surprise au réveil : des biches et leurs jeunes faons se promènent la queue en panache devant nos fenêtres.

La deuxième étape se fait quant à elle dans un parc national, les Guadalupe Mountains. Cet espace est inconnu des guides de voyage. Il se trouve sur notre route. C'est une occasion de plus pour nous de découvrir un espace préservé de l'ouest américain et de tirer avantage de son camping au calme. Nous en profitons pour arpenter un sentier de quelques kilomètres en fin de journée. Je vous laisse en découvrir le paysage.

Pour un parc national qui ne mérite même pas une étoile dans nos guides de voyage, on a trouvé pas mal.

25
mars
25
mars
Grottes de Carlsbad

Carlsbad Caverns NP

Nous voici arrivés aux grottes de Carlsbad, les plus grandes grottes du pays si on en croit les brochures. Comme aux Etats-Unis, tout est toujours le plus grand, le premier, le plus ceci, le plus cela, parfois on doute de l'information donnée... ce qui est typiquement français, non ?

En tout cas, qu'elles soient ou non les plus grandes, elles sont gigantesques et magnifiques. De majestueuses concrétions calcaires rendent l'atmosphère féerique. La nature a donné naissance ici à de fines et subtiles stalagtites, à d'imposantes stalagmites (les plus hautes mesurant tout de même 18 à 20 m de haut), et à de délicats drapés. Seules 5% de ces créations naturelles sont encore actives, c'est-à-dire qu'elles continuent de grandir. La majorité du "décor" des grottes est donc figé depuis plusieurs dizaines de milliers d'années.

Après 2 heures de visite souterraine, remonter à la surface nous a pris presque autant de temps... Pas parce qu'il fallait grimper les 240 m de dénivelés mais parce qu'il a fallu attendre l'ascenseur au milieu de centaines d'américains , coca à la main, venus admirer leurs merveilles naturelles ce dimanche. Un seul ascenseur sur 4 fonctionnait avec un débit de 4 personnes à la minute, ça fait rêver au pays de la haute technologie !

Heureusement, les bivouacs qui nous attendent nous reconnectent avec la nature. Nous sommes seuls au monde sur ces public lands mis à disposition de tous pour camper, ou pour y faire paître ses vaches.

Coté camping-car, les petits ennuis continuent. La batterie cellule tient le coup mais sûrement pas pour longtemps (heureusement on en a 2) mais on a perdu la grille d'aération extérieure du frigo (comment ? le vent ? la route ? le vent sur la route ?) donc on a un gros trou dans la carrosserie ! Rafistolage maison à base de sac plastique et d'un gros scotch gris en attendant mieux.

27
mars

Je vous rassure tout de suite, il n'a pas neigé dans la nuit et nous n'avons pas été bloqués sur notre bivouac. Nous avons déjà assez de petits soucis avec le CC, ça suffit !

Après une matinée de cours bien remplie, nous filons vers White Sands NM, un drôle de paysage d'un blanc étincelant coincé entre deux chaînes de montagnes. C'est en fait le même phénomène que nous avions déjà rencontré à Cuatros Cienegas au Mexique avec ces extraordinaires dunes de gypse. Cela date déjà d'il y a trois mois. A l'époque, le guide nous avait expliqué le pourquoi du comment de la formation de ce paysage mais je ne m'en rappelle plus donc je ne vous ferai pas de cours de SVT sur ce post. Tant mieux pour vous !

Tout au long des 26 km de la scenic drive du parc, la route se faufile au milieu de cet univers irréel. Les lunettes de soleil sont plus que recommandées au risque de se brûler la rétine, tout comme à la montagne l'hiver. D'ailleurs, l'activité favorite des US ici est ... la luge. Quand je vous dis que l'on se croirait presque dans une station de ski, c'est dire. Nous faisons quelques haltes pour grimper sur ses hauteurs et profiter de magnifiques points vue sur cet univers minéral hors du commun.

Nous partirons en début d'après midi vers notre prochain bivouac à Aguirre Springs dont vous aurez des images à notre prochaine publication. Pour l'instant, le contre jour est trop important pour vous donner un aperçu de ce nouveau bivouac de rêve. Patience, donc!

29
mars

Nous continuons notre périple le long de la frontière mexicaine en direction de l'ouest. Comme je vous le disais au précédent post, nos bivouacs sont en ce moment de première classe. Pas chers, voire gratuits, ils nous permettent de profiter des splendeurs de mère nature dans un calme olympien. En plus, à la différence de l'est du pays, nous les trouvons plutôt facilement. Le pied, quoi ! Quelques images pour illustrer mes propos...

Pour les visites aussi, nous sommes plutôt gâtés. La région que nous traversons à l'heure actuelle, n'est pas vraiment décrite dans nos guides européens. On pourrait même penser que la traversée va être bien longue pour arriver dans les parcs plus connus du Grand Ouest. Pourtant, en cherchant un peu, on tombe sur de véritables pépites en dehors des sentiers battus. Exemple type, notre journée dans le Chiricahua NM. A peine quelques lignes dans le Routard, oublié du Guide Vert, ce parc petit par la taille, en tout cas la partie accessible en véhicule, mais grand par ses splendeurs naturelles se révèle être un petit bijou. Une route au décor déjà somptueux nous mène en quelques kilomètres au cœur d'un dédale de pierres.

Ici, le spectacle est féerique et la balade de près de 7 kilomètres, bien qu'éprouvante, nous ravira l’œil tout du long. En deux heures et demie, on ne sait plus où donner de la tête tant les paysages sont époustouflants. A ce jour, c'est ma plus belle balade et je laisse encore une fois les quelques images vous en laisser juge.

Nous poursuivons ensuite notre chemin vers un lieu mythique du Far West, Tombstone, bien que l’atmosphère régnant aujourd'hui ressemble plus au parc d'attraction qu'à la véritable ville fantôme. Sur l'artère principale, on peut encore se croire au temps de Wyatt Earp, Doc Holliday et des frères Clanton, les héros de la fameuse fusillade d'OK Corral, si souvent mise en scène par le cinéma hollywoodien. Tout y est un peu trop propret, lisse et aseptisé pour se croire vraiment revenu dans un film de Sergio Leone. Enfin, ce n'est pas bien grave et je préfère ne pas avoir pris une balle perdue comme la plupart des habitants du cimetière voisin, dont peu d'entre eux ont l'air d'avoir fini gentiment leurs jours dans un lit bien douillet. L'aventure continue. Demain, les cactus de Saguaro...

31
mars
31
mars
Saguaro National Park

Saguaro NP

Nous faisons notre dernière étape dans le sud des Etats-Unis au Saguaro NP. Il est bon d'être dans ces contrées au début du printemps où le mercure dépasse déjà allègrement les 90°F chaque jour (Pour faire la conversion : T°C = (T°F-32) x 5/9 ; calculettes interdites, faites fonctionner votre matière grise).

C'est donc sous une chaleur accablante que nous entreprenons de suivre les quelques chemins qui sillonnent le parc. Les marches seront courtes aujourd'hui.

Cela dit les saguaros, ces cactus qui ont donné leur nom à ce parc national en plein désert du Sonora, nous entourent et pas besoin d'aller bien loin pour prendre la dimension du paysage. A cet endroit, ces étranges arbres qui ne procurent pas d'ombre, entièrement verts, munis d'un tronc épineux élancé vers le ciel et de quelques rares branches tout aussi piquantes, se sont développés dans un milieu sûrement fait pour eux, et pour quelques autres espèces de cactus, les scorpions, les lézards inoffensifs ou venimeux et autres rattlesnakes.

Après cela, nous filons plein nord à toute vitesse vers Death Valley NP avant que le mercure, et les rangers, n'en interdisent l'accès aux motorhomes. La météo y prévoit déjà 97°F... A vos méninges !

3
avr
3
avr

La Vallée de la Mort est un lieu unique au monde. Nous avons traversé le sud des Etats Unis au plus vite d'est en ouest pour arriver dans ce parc assez tôt dans la saison. Pour rappel, cette zone est un vrai four dès le mois de juin : 45°C en journée et des minimales supérieures à 30°C la nuit en plein été. Étant au début du printemps, nous pensions éviter le pire. Au final, avec les normes Météo France, nous aurions été en vigilance orange : 35°C au cœur de l'après-midi et rarement moins de 20°C pour dormir. Mais, nous ne nous sommes pas arrêtés pour si peu et avons bien profité de ce parc pendant près de trois jours.

En arrivant mardi sur les coups de 15h, nous faisons un premier arrêt à Zabriskie Point. Première halte, premier choc. Sur 360°, le paysage est à couper le souffle : malgré un soleil de plomb au dessus de nos têtes, les collines environnantes se parent de mille couleurs et la vue sur la vallée au loin donne une perspective magnifique, on aperçoit même au loin le Telescop Peak enneigé. Hallucinant !

Après cela, et compte tenu de l'affluence à ce point de vue, nous filons rapido vers Furnace Creek pour trouver un point de chute pour la nuit. Nous finirons sur un camping du parc, sans un brin d'ombre mais au calme et dans un cadre magnifique. Repos de rigueur pour être frais et dispo, vu le programme du lendemain.

De bon matin, nous remontons le parc vers le nord et le Mosaic Canyon. Ce "slot canyon" comme on dit ici, nous fait serpenter sur près de 5 kilomètres dans les méandres d'un lit de rivière à sec qui a poli les roches environnantes comme du marbre. Un vrai bijou !

Nous poursuivons la matinée par une balade au milieu des dunes de sables de Mesquite Flat. Les caprices du vent de la vallée amènent ici tous les fragments de roche environnants pour former ce paysage digne du désert du Sahara.

Pour en finir avec cette demi-journée bien remplie, nous suivons un petit sentier le long d'une rivière salée où vivent de drôles de petits poissons pendant le printemps car en été, il n'y a plus d'eau. Alors comment font-ils pour revenir au printemps suivant ? Mystère !!!

Nous repartons vers notre spot en plein pic du soleil pour cuire toute l'après-midi en attendant le semblant de fraîcheur apporté par le soir tombant. Nous en profiterons pour faire la connaissance d'un couple canadien de Québec venu pour trois mois dans les parcs de l'ouest. Un petit apéro bien sympa.

Le lendemain, nous nous attaquons au centre de la Death Valley. Ici tout y est en dessous du niveau de la mer, ce qui accentue le phénomène de chaleur. Donc, prudence et petites balades en vue.

Tout d'abord, Bad Water, le point le plus bas du continent américain avec -85.5 mètres. Un univers de sel à perte de vue et une réverbération aveuglante. Drôle d'endroit.

Si vous cherchez bien dans la montagne, vous verrez le panneau indiquant le niveau de la mer. Belle plongée sans bouteille !!! 


Une petite halte nous amène vers une arche naturelle creusée au cœur d'un canyon.

Nous faisons ensuite un tour sur le terrain de golf du Diable. Ici la croûte de sel y est légèrement plus défoncée. Le put final y est un peu plus compliqué...

Nous finissons notre périple au cœur du brasier par le clou du spectacle : Artist's Drive, une route d'à peine 15 kilomètres qui fait apparaître tout du long des vues sur une palette de couleurs absolument fantastique. Que du bonheur !

Cette visite aura été un enchantement même si les conditions ont parfois été difficiles et les marcheurs de moins en moins courageux. Mais, quand on sait que la plupart des visiteurs US n'y consacrent qu'une demi-journée ou une journée tout au plus, alors que ce parc est le plus grand du pays hors Alaska, notre séjour aura tout de même été suffisant pour prendre la mesure de toutes les facettes que nous offraient les multiples paysages minéraux de la Vallée de la Mort.

Prochaine étape, Sin City, l'enfer du jeu...

6
avr

Après l'étape nature dans la Vallée de la Mort, nous retrouvons la ville de Las Vegas et son cirque permanent.

Alors que dans l'ensemble des Etats-Unis, le puritanisme est de bon ton, ici, toutes les dérives sont permises, voire encouragées. On boit dans la rue des litres de cocktails alcoolisés dans des verres extravagants de plusieurs litres, on fume dans tous les casinos bien que la loi l'interdise, cela doit détendre les joueurs et leur permettre de dépenser leur argent avec moins de réserve, il semblerait même que le cannabis y ait été légalisé. Tout ça, au milieu de gogo danseuses et de chippendales à moitié nus en pleine rue, prêts à prendre des poses suggestives avec les touristes en goguette, afin de leur vendre des fins de soirées dans des clubs dits "spécialisés". Viva Las Vegas.

Nous passerons donc l'après-midi et le début de soirée à errer le long du Strip en flânant devant et dans les hôtels les plus extravagants de la ville. Tout y est reconstitution de grandes villes touristiques, avec son cortège de clichés plus kitchs les uns que les autres.

La ville vit toujours du jeu mais en proportion moins importante qu'auparavant. C'est maintenant devenu essentiellement une ville de spectacles où tous les casinos proposent des shows à l'américaine avec des stars internationales plus ou moins en vogue et des troupes du Cirque du Soleil utilisées à toutes les sauces. L'entertainment a dépassé le bandit-manchot et Las Vegas a même développé ces dernières années des palaces de luxe avec restaurants étoilés pour attirer une clientèle haut de gamme. Virage définitif ou simple mode passagère, l'avenir le dira.

Pour nous, retour à la nature. On fonce vers le Grand Canyon...

8
avr

Depuis le Saguaro NP, notre voyage prend des airs de pèlerinage puisque nous retournons dans nos traces de pas laissées ici il y a un peu plus de 17 ans. A chaque fois que l'on entre dans un nouveau parc national, vous pensez donc que l'on sait à quoi s'attendre. Et bien non, force est de constater que notre mémoire ne vaut pas grand chose. Nous sommes toujours surpris par la diversité des paysages et par la majesté des sites. De ce voyage de 2001, il ne restait finalement que quelques impressions, quelques sensations, mais vraiment très peu de souvenirs des lieux visités. On croyait pourtant s'en rappeler.

Le Grand canyon n'échappe pas à cette règle. Le site est grandiose, le canyon irradie de ses mille couleurs, le Colorado qui le creuse nous renvoie ses eaux tantôt turquoises, tantôt plus boueuses. De nos points de vue, les falaises tombent à pic et me donnent le vertige. Au point de vue nommé The Abyss, si on fait tomber nos lunettes, il faudra les récupérer 911 m plus bas. Le canyon atteint par endroits 1829 m de profondeur et jusqu'à 29 Km de largeur. Les méandres du Colorado se faufilent ainsi entre des roches magnifiquement découpées sur près de 445 Km. Ces quelques chiffres donnent une idée de la dimension du lieu.

Alors, pour mieux se rappeler des paysages cette fois-ci, nous prenons notre temps, ce que nous n'avions pu faire il y a 17 ans sur un voyage de 3 semaines. Nous essayons de graver ces images dans notre esprit et nous respirons profondément l'air frais d'altitude (nous sommes à plus de 2000 m et il fait 20°C de moins qu'à la Vallée de la mort). Nous sommes toutefois restés en haut du canyon, impossible pour mois d'emprunter les chemins qui descendent jusqu'au Colorado sans crise de panique due au vertige. Alors, pour que la visite soit un bon moment pour tous, nous sommes restés ensemble à marcher sur environ 17Km le long du Rim trail qui borde le sommet du canyon.

La faune locale, elle, n'a pas le vertige. Wapitis et daims sont venus égayer une fin de longue journée de marche pour les enfants. Des corbeaux, aux dimensions nord-américaines, font des numéros de haute voltige et se partagent le ciel avec de plus petits spécimens.

Nous avons passé 3 jours face à cet écran géant haute définition. Les parents ne s'en sont pas lassés ; les enfants, eux, vous diront que 17 Km de marche pour voir toujours la même chose, c'est quand même un peu trop. A vous de juger sur les quelques photos qui suivent ...

Carine.

11
avr
11
avr
Wupatki National Monument

Wupatki NM

Aujourd'hui sur notre route, le Wupatki NM, qui nous permet d'observer les vestiges de villages - appelés ici pueblos - de "native Americans".

Les indiens Sinaguas se sont installés ici à partir du XIIème siècle.

Les Sinaguas pratiquaient l'élevage et cultivaient ces terres arides du nord de l'Arizona rendues plus fertiles par les éruptions volcaniques successives et les dépôts de cendres du Sunset Crater Volcano tout près.

Le volcan s'est mis en sommeil au XIIIème siècle mais les terres situées dans un rayon d'une vingtaine de kilomètres sont encore noircies de ses cendres centenaires. Demain, nous nous approcherons un peu plus de son cratère.

12
avr

Après votre cours d'histoire amérindienne, ouvrez vos cahiers de SVT pour un cours de géologie aujourd'hui. Le Sunset Crater nous amène ce jour à parler des caprices de la nature qui peuvent parfois anéantir l'homme mais en même temps lui donner des terres fertiles pour l'avenir. Ce volcan s'est réveillé au milieu du 11° siècle et a recouvert de cendres une grande partie de la région, repoussant les indiens vivant sur ces lieux à plusieurs dizaines voire centaines de kilomètres. Il a aussi déversé de larges rivières de laves que l'on voit encore de nos jours. Ces flots de magma ont créé un paysage dantesque qui nous permet d'imaginer l’ampleur de la catastrophe. La nature a repris peu à peu ses droits et recouvre en partie cet univers minéral original.

Quelques familles indiennes reviendront s'installer une centaines d'années plus tard à l'ombre de ce capricieux voisin qui reste calme depuis près de 900 ans.

Prochaine étape:le Red Rock County de Sedona...

13
avr

Afin d'éviter nos premières gelées de l'ouest américain, nous descendons du plateau de Flagstaff par le Oak Creek Canyon pour rejoindre Sedona quelques 800 mètres d'altitude plus bas. Les températures y sont en effet plus clémentes mais le vent s'est levé depuis quelques jours et rend toute visite un tant soit peu inconfortable. La vallée de Sedona est heureusement absolument splendide. Moi qui l'avais zappée dans notre parcours prévisionnel, ne regrette pas aujourd'hui ce contre temps météorologique. Nous en profitons pour faire quelques courtes balades dans les environs pour nous en mettre plein la vue. Chaque formation rocheuse étonne par ses formes et ses couleurs et si ce n'était ce maudit vent qui nous recouvre de poussière rouge, la région serait un spot parfait pour prendre un peu notre temps. Nous sommes d'ailleurs un peu obligés de le prendre puisque l'on doit faire changer les plaquettes de freins du CC, ce qui n'est pas si simple dans ce pays où les mécaniciens ne travaillent qu'avec leurs ordinateurs et n'ont aucune idée des pièces qu'il nous faut. On verra bien lundi dans un garage avec lequel nous avons rendez-vous. En attendant, nous parcourons de fond en comble le territoire proche qui est heureusement assez agréable.

16
avr

Nous profitons de notre dimanche pour faire un tour dans le Walnut Canyon à quelques kilomètres de notre bivouac. Il a été peuplé par les indiens sinaguas à partir du XII° siècle et cela pendant un peu plus d'une centaine d'années. Le nom de cette tribu a été donné par les espagnols du fait de la sécheresse de la région (« sin agua » signifie sans eau pour les non hispanophones dont je fais partie). Le canyon forme un méandre à cet endroit et nous dégringolons (sans Carine, qui préfère prendre de la hauteur et nous surveiller d'en haut, la vue étant un peu trop plongeante à son goût) par un escalier de quelques 273 marches dans ce dernier pour faire le tour des parois rocheuses abritant les anciennes constructions indiennes. La visite est intéressante et le lieu vraiment joli. Il ne fait pas trop froid aujourd'hui et le vent s'est un peu calmé ce qui rend la balade bien agréable. Demain, rendez-vous au garage : on croise les doigts...

19
avr
19
avr
Petrified Forest National Park

La fée Méduse

Il était une fois une immense forêt primaire. Les arbres y étaient si grands qu'ils touchaient le ciel. A 10° de latitude nord, le climat était chaud et très humide. Les averses tropicales permettaient la croissance d'une jungle luxuriante à la végétation abondante sur les rives d'un large delta fluvial. Son feuillage vert émeraude, dense et épais, abritait de nombreux insectes. Une multitude de poissons frétillait dans les eaux circulant au pied des troncs imposants et majestueux. Cette forêt vit naître, à l'ombre de sa canopée, les premiers dinosaures puis les premiers mammifères. Elle s'élevait ici sur cette terre nommée Pangée à l'ère du Trias, il y a 250 millions d'années.

Un jour, une méchante sorcière, jalouse de sa grande beauté, déclencha un lent et irrémédiable cataclysme pour la réduire à néant. La Pangée commença alors sa lente séparation, les terres où était enracinée la somptueuse forêt dérivèrent vers le nord. Le climat devint plus froid, les pluies se firent plus rares. Peu à peu les fiers bois perdirent de leur superbe et sombrèrent. Leurs racines les abandonnèrent, ils tombèrent de tout leur long dans le fleuve et furent ensevelis de sédiments alors que l'imperceptible mouvement de la Pangée déplaçait le cours du fleuve avant qu'il ne fut complètement asséché. Enfin des éruptions volcaniques sonnèrent le glas et vinrent recouvrir de leurs cendres les dernières traces de ces arbres monumentaux.

Mais les fées Méduse et Erosion, ennemies de la méchante sorcière depuis toujours, surent le terrible forfait qu'était en train d'accomplir leur puissante rivale. Sans se montrer, la fée Méduse jeta un sort au dépôt sédimentaire qui allait enterrer la forêt primaire en le gorgeant d'une matière minérale, la silice. Ainsi dans leur tombe, les bois morts reçurent les infiltrations de silice qui insensiblement remplacèrent la matière organique. Le bois se transforma alors en pierre en quelques décennies. La silice vint remplacer chaque atome de bois en respectant la forme originale, la grosseur, les marques, les stries, les noeuds, les cicatrices, les écorces de cette forêt devenue souterraine. En la pétrifiant, Méduse l'avait protégée de sa complète disparition.

Des millions d'années passèrent, la silice cristallisa sous plusieurs formes minérales en fonction des variations de températures et de pressions, ce qui lui donna de multiples couleurs. La fée Erosion poursuivit le travail engagé par sa partenaire Méduse pour redonner toute sa noblesse à la forêt. La Pangée connut de nombreux changements climatiques, fut balayée par la pluie et le vent et cette partie où la forêt avait grandi dériva jusqu'au 35ème parallèle. Le ruissellement donna naissance aux Badlands, formations rocheuses grises ou colorées où la végétation n'a aucune prise.

Erosion réduisit en poussière les couches sédimentaires et fit souffler le vent. Le linceul de la forêt s'envola ; les squelettes des dinosaures se livrèrent et le bois pétrifié put ainsi retrouver toute sa splendeur et scintiller du cristal de silice, ocre, rouge, jaune, blanc, bleu, gris et violet. La forêt primaire du Trias fut ainsi sauvée et arriva jusqu'à nos jours pour nos yeux éblouis.

Sinon, côté galères, on continue à enchaîner. La fée Erosion a du penser qu'il fallait balayer un peu plus la terre pour découvrir d'autres merveilles. Avis de forts vents annoncé, tempête de poussière sur la route et portière avant conducteur endommagée sous l'effet d'un fort coup de vent. Heureusement, on peut continuer d'ouvrir et fermer, la pièce avec le ressort qui retient la porte a cassé lors d'une forte rafale alors qu'on sortait du véhicule. Il valait mieux tenir les chapeaux !

Là, Nico fait une réparation de fortune, une de plus, aucune pièce ne pouvant être trouvée sur le continent américain. Il en a pour une partie de l'après midi et j'ai donc eu tout mon temps pour vous écrire cet interminable article. Faites de beaux rêves.

Carine

20
avr
20
avr
Monument national du Canyon de Chelly

Premiers pas en terres Navajo

Il y a deux jours, une tempête de sable, hier, un coup de grisaille bien frisquet et légèrement humide, aujourd'hui, un grand beau temps et des températures à passer son après midi dehors au soleil. C'est bien mieux pour le moral et pour profiter de la visite du Canyon de Chelly.

Ce dernier a la particularité d'avoir été habité sans discontinuité les 5000 dernières années. On y trouve d'ailleurs des ruines disséminées un peu partout le long des deux canyons du parc. Nous pourrons en observer quelques unes depuis les différents points de vue qu'offre le parcours.

Nous n'apprendrons pas grand chose de plus sur la vie des différentes tribus ayant vécu sur ce site, le dépliant du visitor center étant plutôt succinct (comme toujours en matière d'histoire amérindienne) et les multiples arrêts aux points d'observation n'ayant aucun panneau d'information. Cela dit, le paysage vaut le détour à lui tout seul. Les canyons ressemblent à des milles feuilles minéraux taillés au grès des humeurs de Mère Nature. Des méandres se succèdent, des parois vertigineuses apparaissent, des pitons rocheux résistent par miracle à l'érosion. Les merveilles du Grand Ouest américain se succèdent mais on ne s'en lasse pas (enfin, surtout pour les parents, car les enfants délaissent souvent certains points de vue).

24
avr

A cause de notre problème de plaquettes de frein, il nous faut revenir sur Las Vegas pour récupérer ces dernières. Nous adaptons donc notre périple et visitons moult parcs sur ce court trajet.

Nous commençons par le Navajo National Monument. Une belle après-midi de courtes balades à observer le canyon de Betatakin et son ancien village pueblo datant encore du XIII° siècle. Une agréable étape et une nuit dans un calme parfait (et gratuit en plus).

Nous filons ensuite vers Page pour jeter un oeil sur le Lac Powell et sur les méandres du Colorado en aval du barrage.

Enfin, nous ne passons qu'une brève demi-journée dans le parc de Zion, déjà plein comme un oeuf alors que nous sommes en pleine semaine et pas encore en haute saison. Impossible d'y dormir, les places de camping étant réservées depuis des lustres, même s'y garer pour la journée a tenu du miracle. Heureusement, une navette nous a amenés aux différents points intéressants du parc où nous avons pu faire quelques jolies promenades. A la différence des autres parcs visités jusque là, nous longeons la Virgin River qui a formé le canyon de Zion et observons les hauteurs de ce dernier depuis le fond de la vallée. Les falaises sont impressionnantes et la présence subtile de l'eau tout au long du parcours change radicalement notre regard sur ce nouveau parc.

Pour la suite, merci à Fedex qui a envoyé nos pièces de rechange dans le Mississipi et non à Las Vegas. Nous voilà donc bloqués jusqu'au début de la semaine prochaine dans le sud de l'Utah en attendant la livraison des plaquettes, la région de Las Vegas étant actuellement plongée dans une mini canicule. On attend donc au frais dans les montagnes, on reste zen et on patiente.....

28
avr

Dans l'attente de nos plaquettes de frein que FedEx a envoyé de l'autre côté des Etats Unis, nous écumons tous les petits recoins ruraux à proximité de Las Vegas. Cela nous amène dans le State park de la Valley of Fire, qui porte plutôt bien son nom : 36°C en avril, la même chaleur que lorsqu'on ouvre la porte du four disent les locaux en juillet, nous sommes heureux d'avoir à attendre notre colis en cette saison plutôt que dans 2 mois. Comme quoi, il y a un aspect positif en toute chose.

Cet espace protégé minuscule, comparé aux parcs nationaux dont nous avons l'habitude d'arpenter les chemins, offre un aperçu de nombreuses merveilles naturelles. On peut ainsi y voir des arches, admirer des rochers en équilibre instable, se ressourcer à l'ombre de slot canyons et se régaler de l'extraordinaire palette de couleurs de cet univers minéral. A 36°C ici, c'est le printemps, il y a donc un grand nombre d'arbustes en fleurs...

Nous y rencontrons de jeunes Français qui ont loué des Harley pour faire le tour des parcs de l'ouest américain en une semaine ! Rythme intense au programme... Entre leur type de voyage marqué par la nécessité d'en voir un maximum en un minimum de temps (ce qui, il faut bien le dire, a été notre façon aussi de voyager jusqu'à notre "grand départ"), et notre périple dont la philosophie est plutôt de prendre le maximum de temps, peu importe ce que l'on voit, on se demande bien aujourd'hui à quoi ressembleront nos futures vacances, et parfois aussi notre future vie tout court...

Carine

1
mai

Après 3 semaines d'intenses recherches, de multiples aller-retour entre les garages, les vendeurs de pièces détachées, les importateurs et les bureaux FedEx, nous sommes enfin sortis d'affaire.

Nous avions bien trouvé sur internet les bonnes références de plaquettes de frein, nous sommes des pros, en tout cas bien plus pros que tous les Etats-uniens que nous avons rencontrés ces derniers temps. Ah, on en aurait à écrire sur la première puissance mondiale... Ce qui est certain, c'est que nous sommes bien plus compétents et efficaces en France, et en Europe, quoi qu'en disent les médias. Et lorsque nous nous trouvons dans une situation comme la notre à des milliers de kilomètres de la maison, on se rend bien compte que cette compétence est une richesse inestimable.

Enfin, aujourd'hui, nous avons eu l'immense chance (merci les avis Google !) de rencontrer un garagiste un peu plus mécanicien que les autres et qui a accepté de faire le travail sur le camping-car. En même temps, changer des plaquettes de frein est à la portée de tout le monde... en France, pas à la portée de tous les mécanos ici.

Pour finir la journée, nous avons un bel orage et de la grêle. Nous nous réconfortons au pays de l'anti-gastronomie en cuisinant. Evidemment, nous sommes Français ! Et que cuisine-t-on ? Du pain bien-sûr. Tout ça grâce à un levain qui se transmet entre voyageurs et dont nous avons reçu une part au Mexique, incroyable non ?

Pétri à la main et cuit à la casserole (nous n'avons pas encore de four dans notre 10 m²), il est aussi bon qu'il est beau, à la fois moelleux au coeur et croustillant autour. Je crois qu'on pourrait se reconvertir dans la boulange en rentrant.

Demain, nous reprenons notre parcours mais pas trop vite, il neige sur notre prochain point d'étape et il fera bientôt 40°C où nous sommes aujourd'hui. Donc on va essayer de rester entre les 2 quelques jours.

A bientôt pour de nouvelles aventures.

5
mai

Après les chaleurs intenses autour de Las Vegas, une vague de froid a touché tout l'Ouest américain et nous a fait subir notre premier orage depuis un bon bout de temps. Dans ces paysages désertiques, le déluge est spectaculaire et les oueds se forment en quelques minutes. Dès le lendemain, tout est sec. Drôle de pays, parfois. Enfin, nous avons pu reprendre notre route des parcs nationaux en grimpant vers Bryce Canyon.

Quand je dis "grimper", c'est à la fois car nous filons bien vers le Nord mais aussi car nous passons de 300 mètres d'altitude au niveau du Lake Mead à près de 2200 mètres à notre bivouac aux abords du parc.

La visite se fit sur deux jours en prenant notre temps ce qui nous permit de profiter du spectacle ! Et plutôt qu'un long discours, je vous laisse juger sur les quelques clichés qui suivent. Pour nous, en tout cas, ce fut superbe !

7
mai

Aujourd'hui, c'est un paysage moins découpé que celui de Bryce canyon qui s'offre à nous. A Capitol Reef, ce sont d'immenses blocs dans les tons rouges ou blancs qui nous surplombent ou qui s'ouvrent sur un nouveau canyon.

Nous lui trouvons un charme certain, différent de ce que nous avons vu jusqu'à présent.

9
mai
9
mai
Canyonlands National Park

Canyonlands : The Island in the sky

Aujourd'hui, nous parcourons la partie nord du très grand parc national de Canyonlands. De très belles vues se dégagent sur les canyons creusés par le Colorado et la Green River.

11
mai

Alors que le vent continue à souffler tempête et que les températures demeurent estivales, nous nous rendons dans un des parcs mythiques de l'Ouest, Arches NP. A titre personnel, malgré mes deux passages précédents (en 1994 et 2001), je ne me rappelais pas bien de la physionomie générale du parc et n'avais conservé en mémoire que les quelques clichés largement répandus et une chaleur plutôt accablante, surtout lors de mon premier passage. Cette fois-ci, je suis surpris par la beauté générale du site, où se mêlent pics rocheux, défilés abrupts, rochers aux formes excentriques et bien sûr, arches sous toutes leurs formes ... Deux belles demi-journées de balades nous donneront un aperçu de toutes ces splendeurs même si la chaleur puis le sirocco américain auront rendu la visite un tant soit peu rock'n'roll.

12
mai

Sur notre longue étape à Moab, nous avions visité la partie nord du parc de Canyonlands, Island in the Sky. En redescendant vers Monument Valley, nous nous attaquons à sa partie sud-est, The Needles. Il nous aura fallu pour cela parcourir près de 250 km pour accéder à ce coin perdu où il n'y a pas âmes qui vivent. Un premier détour par Needles Overlook nous permet de voir en même temps les deux parties du parc et d'apercevoir les méandres du Colorado. Le temps est toujours à la tempête de sable, ce qui trouble toujours notre vision ... et nos photos.

Nous arrivons ensuite aux Needles eux-mêmes et profitons de la courte route scénique pour admirer quelques points de vue sur des formations rocheuses assez variées. Le paysage est plutôt sympathique, mais ne mérite pas forcément le nombre de kilomètres parcourus. Peut-être devenons nous un tant soit peu exigeants !

Nous en profiterons tout de même pour faire le plein de végétation en fleurs pour ceux que les paysages minéraux lasseraient.

13
mai

Le site que nous visitons aujourd'hui est l'exemple même de la formidable capacité de l'industrie américaine à vendre du rêve. Dans d'autres domaines, nous restons plus circonspects sur leurs compétences.

Monument Valley reste dans l'inconscient des Français, cette terre mythique de cowboys où l'on s'attend à voir débarquer une horde d'indiens poursuivie par la cavalerie des bleus dans ces plaines immenses aux formations rocheuses si caractéristiques. Pourtant, à bien y regarder de près, ce site, au combien photogénique, je vous l'accorde, n'est pas bien grand et se résume quasiment à un seul mais splendide point de vue sur un peu moins d'une dizaine de buttes aux formes massives ou élancées. Le cadre est beau, la lumière donne sa pleine mesure pour mettre en valeur ces extraordinaires roches navajos, mais, en à peine une heure, on en a vite fait le tour... Ne boudons tout de même pas notre bonheur et savourons ce spectacle formidable.

19
mai

Quand je vous dis que ce pays est une terre de contrastes, en voici la preuve en images ! Trois des bivouacs de notre dernière semaine. Assez dépaysant !

En seulement six jours, nous sommes passés des terres semi désertiques de l'Arizona aux vallées verdoyantes du nord de l'Utah, et même dans les paysages lunaires de l'Idaho. Nous avons quitté un univers de roches calcinées par le soleil et soumis à de furieuses tempêtes de sable pour basculer l'espace d'un col, vers de pastorales vallées agricoles entourées de hauts sommets enneigés où paissent de nombreux troupeaux de paisibles bovidés. Et pour finir, nous voilà dans le parc des Craters of the Moon, dans un univers de coulées de lave et de cônes de cendres nous rappelant le passé tumultueux de cette région. Les premiers astronautes y ont même préparé leur débarquement sur la Lune, dans les années 60. Pour vous dire l'environnement !

Prochaine étape, l'un des incontournables de notre voyage, le parc de Yellowstone. Avant cela, ravitaillement en nourriture et lessive complète avant cette belle visite qui nous attend la semaine prochaine.

26
mai
26
mai
Parc national de Yellowstone

Yellowstone : un pur bijou !

Nous avons passé 5 jours complets dans ce parc extraordinaire. Autant vous le dire tout de suite, l'article va être long. Nous avons eu du mal à choisir entre les 1597 photos prises le long des 863 Km parcourus (Nico, en grand statisticien qu'il est, me fait remarquer que cela fait quand même près de 2 photos au km).

Bon, avant d'arriver dans le parc, nous avons connu quelques déboires. Nous nous sommes encore enlisés mais cette fois-ci, nous nous en sommes sortis rien que tous les deux, comme des grands. Il valait mieux qu'on y arrive cela-dit, car nous étions bien seuls dans le secteur. Le bivouac avait l'air sympa en forêt mais peu de temps après la fonte des neiges, c'était une mauvaise idée. Finalement les plaques de désensablage et la pelle multifonctions rangées au fond de la soute auront été un achat très judicieux.

Revenons à l'objet de cette publication : le parc national de Yellowstone. On y croise ici des gens venus de tous les Etats-Unis et du monde entier. On y vient principalement pour y voir l'intense activité volcanique qui y règne et pour observer la faune qui évolue dans cet espace protégé dont la superficie correspond à peu près à celle de la Corse. On peut aussi y ajouter de grands paysages qui passent pourtant au second plan dans ce lieu saisissant.

Environ la moitié du parc est constituée par une immense caldeira de 75 Km sur 45 Km formée il y a 640000 ans par l'explosion du super-volcan sur lequel nous nous trouvons. Le magma n'est ici qu'à 3 Km sous nos pieds et manifeste sa présence de multiples façons : geysers d'eau bouillante, fumerolles, piscines d'eaux plus ou moins acides... rendant le décor surnaturel.

Vous n'avez vu pour l'instant que la 1ere demi-journée ! Il faut dire que le ciel bleu sans nuage nous a permis de faire beaucoup de photos sur cette première marche à pied de seulement 4 petits kilomètres. C'est un monde bruyant et odorant que nous traversons. Ici, ça bouillonne, ça fume, ça glougloute, ça jaillit, ça gronde, ça souffle, ça sent le soufre, ça pique la gorge. Autour, la nature semble très bien s’accommoder des caprices de la terre.

Le parc recèle plusieurs bassins d'intense activité volcanique. Le 2ème jour, il fait froid et le ciel est voilé. Nous sommes encerclés par la vapeur que les faibles rayons du soleil ne veulent pas disperser. Les couleurs sont moins intenses en début de journée puis se révèlent au fur et à mesure que la lumière transperce les nuages épais.

Le 3ème jour nous mène au nord du parc national pour observer les terrasses de Mammoth hot springs formées par les acides provenant des sources d'eau chaude. Les différentes couleurs sont l’œuvre de bacteries.

Puis, changement de décor, il faut passer un col pour rejoindre notre camping... les pieds dans la neige.

Bien que nous en ayons visité de nombreux, nous décidons de terminer la 3ème journée en allant voir le grand canyon de Yellowstone et ses fameuses chutes d'eau. Nous comprendrons alors pourquoi ce parc se nomme YellowStone.

Nous décidons ensuite de consacrer notre temps à la recherche des animaux dans le parc. Certains, comme les bisons, s'observent facilement, tandis que d'autres nécessitent de scruter attentivement chaque recoin de paysage. Les enfants adorent... et les parents aussi.

Les troupeaux de bisons avec les nouveaux-nés  
 Les bisons mâles sont plus solitaires
Quelques oiseaux dont nous ne vous citerons pas les noms. Des lecteurs ornithologues ? 
Un tamia rayé et un chien de prairie aux aguets
Des coyotes en maraude  
Deux serpents s''accouplent 
Un renard gris  fatigué
Les pronghorns (antilocapres ou antilopes d'Amérique) mâles (avec cornes) et femelles.  
Des white-tailed deer (cerf de Virginie)  
Les ours noirs, fascinant ! 
Un jeune mâle wapiti, majestueux. 
 Des mouflons d'Amérique 
Des marmottes

Notre dernière journée nous mène au bord de l'immense lac de Yellowstone puis il faut passer un nouveau col et, à 2500 m d'altitude, les plus petites étendues d'eau sont encore gelées ! Le paysage est splendide.

Quel parc ! Il mérite à lui tout seul le voyage. N'est-ce-pas ?

31
mai
31
mai
Bighorn Canyon

Bighorn Canyon NRA

Après notre inoubliable semaine à Yellowstone, cap à l'Est car il nous faut penser au retour dans un mois et demi et le chemin reste long (plus de 6000 kilomètres au bas mot, soit l'équivalent d'un aller-retour Bordeaux Moscou tout de même). Entre temps, nous allons profiter de quelques petits parcs afin d'agrémenter agréablement le parcours.

A quelques centaines de miles de Yellowstone, nous faisons une brève visite du Bighorn Canyon NRA où nous avons la chance de voir quelques uns des derniers chevaux sauvages du pays, les fougueux mustangs.

Ensuite un magnifique point de vue sur le canyon aux milles couleurs dans le creux d'un méandre.

Et pour finir, un aperçu du lac de barrage où la plage n'est pour le moment, pas vraiment bondée.

31
mai

En ce dernier jour de mai, nos pas nous mènent au bord d'une incongruité de la nature en ce Devil's Tower National Monument. Une remontée magmatique de 386 mètres, figée depuis la fin du crétacé, est aujourd'hui bien visible sur toute sa hauteur grâce à l'érosion partielle de la gangue de roche qui l'entourait à l'époque, il y a plus de 60 millions d'années. Le site est superbe, le temps magnifique et une courte balade permet de faire le tour du monolithe tout en profitant de magnifiques points de vue. Un bon moment et une pause bienvenue dans notre longue chevauchée vers le levant.

Amis grimpeurs, à l'assaut et bon courage !  

Et, avant de sortir du parc, la minute animalière avec ici en vedette, le chien de prairie, qui a sa propre petite cité à l'ombre du vénérable rocher.

1
juin

Le Mont Rushmore, un symbole parfait de la puissante industrie américaine de l'image.

Tout le monde connaît les têtes de ses quatre présidents américains gravées dans le granit des collines des Black Hills du Dakota du Sud. Personne ne sait leurs noms ou presque (d'ailleurs, je vous laisse les chercher pour le quizz du jour, mais sans internet, petits tricheurs...), mais tout le monde pense qu'il s'agit d'un lieu symbolique en l'honneur de la démocratie américaine.

En fait, pas vraiment. Au départ, il s'agit tout d'abord de trouver un moyen de promotion touristique de cette région, un peu à l'écart de tout. Le terrain est choisi sur d'anciennes terres appartenant aux indiens Lakota, qui considèrent cette montagne comme sacrée. Un artiste, Gutzon Borglum, est engagé pour mener ce projet à bien. Ce dernier est lui aussi assez controversé du fait de son appartenance plus ou moins officielle au Ku Klux Klan et de ses idées antisémites. Mais là n'est pas le sujet. En 14 ans, de 1927 à 1941, les portraits sont gravés et le site est ouvert au public. Entre temps, dès 1933, l'Etat américain classe le site en National Memorial et le succès est immédiat. Aujourd'hui, plus de 3 millions de visiteurs s'y pressent chaque année pour contempler les anciens présidents.

Au final, pour nous, 30 minutes de visite (pause pipi et tour dans les boutiques inclus) et l'envie de se dire : "D'accord, ça c'est fait !". Vous voyez ce que je veux dire.

Portrait A, portrait B pour le quizz...
et enfin, portrait C et portrait D pour finir. 
2
juin

Voici une étape qui sent la fin du voyage aux États-Unis. En effet, aujourd'hui nous avons fait notre dernier parc national. Je serais bien incapable de vous dire combien nous en avons visités depuis notre retour dans ce pays le 18 mars. En tous cas, tous sont vraiment splendides. Et le dernier n'échappe pas à la règle. Même s'il fait partie des moins connus que nous ayons fait, il reste pour le moins magnifique. Les Badlands sont des terres typiques de l'ouest des USA que nous rencontrons depuis la Vallée de la Mort. Ces formations rocheuses présentent des couleurs plus ou moins variées allant du blanc cassé au rouge Terre de Sienne en passant par toute une palette d'ocres et de jaunes. Elles sont ici mises en valeur par les prairies verdoyantes qui les côtoient. La trentaine de kilomètres qui parcourt ce paysage offre de superbes points de vue sur cet univers plein de couleurs. Nous en profitons à satiété en grands gourmands d'espaces naturels dont regorge ce pays.

Pour la suite, il faudra attendre quelques jours pour avoir de nos nouvelles, car le prochain objectif est le passage au Canada au nord du Minnesota dans plus de mille kilomètres. D'ici là, ce sera surtout route, route et encore route. A bientôt, chez nos cousins outre-atlantiques.

Au fait, j'oubliais de vous dire : ce matin, nos premiers bouchons et pas des moindres, 30 minutes pour faire 3 bornes. Je vous laisse deviner ce qui en est la cause dans un coin aussi paumé...

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