Le Mexique en camping-car

Un an en famille pour découvrir les splendeurs des Amériques à bord de notre camping-car. Au total, 5 carnets de voyage présentent notre périple. Celui-ci est le 3ème de la série.
21 décembre 2017 au 17 mars 2018
87 jours
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Bienvenue à tous sur notre carnet de voyage.

Il présente le troisième pays traversé durant notre périple en camping-car : le Mexique.

22
déc

Nous nous étions quittés sur les parquets de l'ATT Center de San Antonio, nous voilà à présent dans le Nord du Mexique , presque mille kilomètres plus loin. Entre temps, nous avons passé la douane US, celle du Mexique, fait nos visas pour ce pays ainsi que le document d'import temporaire de notre "casa rodante". Bref, on peut dire que ce ne fut pas la partie la plus passionnante du voyage, mais, il fallait en passer par là. Tout s'est plutôt bien déroulé même si toute cette paperasse nous aura quand même pris près d'une demi-journée et un nombre assez conséquent de pesos.

Pour la suite, une longue route en pleine zone semi-désertique nous mène à notre première escale.

Le paysage change rapidement, du relief apparaît un peu partout et nous nous retrouvons peu à peu dans nos premiers vrais grands paysages.

L'étape se fera à Cuatro Cienegas, un bled perdu en pleine zone aride du plateau mexicain. On se croirait dans un bon vieux western.

L'attraction locale est double :

  • d'un côté des sources naturelles résurgentes avec une faune endémique surprenante et des couleurs surnaturelles, surtout en plein désert.
  • de l'autre, des dunes de gypse blanc sorties de nulle part (enfin, je pourrais vous dire d'où, car j'ai eu le cours par notre guide en espagnol, mais ce serait trop long voire ennuyeux...)


Une belle étape pour commencer ce pays.

28
déc

Première ville coloniale du périple, San Miguel de Allende nous a charmés. Nous avons déambulé dans ses ruelles étroites et colorées, nous nous sommes mêlés à la foule de Mexicains et de gringos venus ici en vacances pour fêter Noël, et avons commencé à goûter quelques spécialités locales.


Le petit camping très sympathique que nous avons trouvé se situe en plein centre ville, mais à l'abri des murs épais qui donnent sur la rue et nous offrent ainsi un havre de paix. Pour le trouver, et y entrer, ce ne fut toutefois pas une sinécure car il nous a fallu déambuler en camping-car dans les mêmes rues que nous avons empruntées à pied !!! Quand on en voit la largeur, on s'inquiète un peu pour la sortie, on verra bien demain...

30
déc

Nous avons finalement quitté le RV Park de San Miguel Allende sans encombres. Nous sommes partis assez tôt et une fois encore, le propriétaire nous a bien aidé à manœuvrer. Nous avons donc pu prendre la route de Guanajuato, notre seconde étape des villes coloniales. Une fois à proximité, nous avons opté pour un campement à l'extérieur de la ville, car cette dernière est réputée pour ses petites ruelles et ses tunnels inextricables.

Voilà le genre de tunnel dans lequel je ne voulais pas m'embarquer !!!

Le lendemain matin, nous prenons le bus local pour visiter la ville. Cela nous permet de voir d'un peu plus près le quotidien des Mexicains qui utilisent énormément ce moyen de transport. Le véhicule est vite bondé, la route chaotique se sent bien dans les jambes pour ceux qui restent debout, mais tout le monde semble s'en accommoder avec le sourire et un peu de résignation. Arrivés à destination, nous déambulons dans un enchevêtrement d'immeubles et de maisons aux couleurs chamarrées qui occupent les collines de la cité.

Arrivés devant le marché, nous ne résistons pas à d’appétissants petits pains tous frais et à de non moins magnifiques chaussons aux fraises de fabrication locale. Miam !!! La journée commence bien.

Nous poursuivons notre balade au milieu de jolies petites places, d'abruptes ruelles étroites. Elles nous mènent à de magnifiques églises pleines de vie, où les Mexicains, encore très catholiques, fêtent toutes les étapes de la vie d'un bon chrétien (baptême, communion, mariage...) à un rythme "endiablé". Le curé, ici, ne chôme pas.

Au détour d'un coin de rue, une odeur agréable nous mène devant un stand typique de nourriture mexicaine. La rue se remplit, l'adresse doit être bonne, nous tentons de nouvelles expériences culinaires avec quatre quesadillas, de petites crêpes de maïs cuites sur un brasero et garnies de champignons, de chorizo, de pommes de terre et fromage ou de haricots blancs en sauce appelés ici "frijoles". On s'assoie dans la rue et on déguste. Un vrai régal ! De la vraie bonne cuisine de rue, comme nous n'en avions encore jamais vue pendant le voyage.

La suite nous mène au pied du mirador qui domine la ville. Pour faire plaisir aux enfants (enfin, c'est ce qu'on dit), nous prenons le funiculaire qui grimpe de 76 mètres pour 102 mètres de trajet. La vue depuis la cabine est vertigineuse (encore un bon moment pour Carine) mais le panorama vaut vraiment le coup. Une petite faim pour Nathan au sommet nous fait faire une petite pause gustative très agréable. De merveilleux petits sandwichs dans des pains chauds succulents fourrés de morceaux d'onglet de bœuf délicieusement cuits et accompagnés d'oignons et tomates caramélisés, d'avocats frais et de champignons rissolés. Un délice !

Nous faisons une descente toute digestive pour revenir vers le terminal des bus en profitant des points de vue majestueux et de la vie très animée qui nous entoure. Une dernière pause au marché pour faire le plein de petits pains et de brioches et nous voilà repartis en bus, toujours serrés comme des sardines mais dans une ambiance très bon enfant. Nous prenons un peu de repos le reste de l'après midi avant de nous attaquer à la banlieue de Mexico.

Ce soir, je vous donne des nouvelles depuis Tepotzotlan, à 40 km de la capitale. Nous y resterons demain pour faire un petit tour en ville et parce que nous ne pouvons pas circuler le lundi avec le CC (restriction de circulation oblige dans cette ville fortement polluée).

Mais avant cela, bonne année à vous tous, les métropolitains, vous qui êtes déjà en 2018, nous ce n'est pas encore l'apéro mais ça arrive à grand pas. Pleins de bonheur à tous pour cette nouvelle année, la santé au rendez-vous, et pleins de voyages pour ceux que ça tente...

Les 4 baroudeurs.

2
janv

Nous avons passé notre 1er jour de l'année 2018 dans la petite ville de Tepotzotlan qui accueillait pour les fêtes un très grand marché. Cela nous a donné encore l'occasion de goûter à une succulente spécialité locale, une brioche cuite sur place garnie d'une confiture de mûres et de Philadelphia, le fromage à tartiner phare des Etats-Unis !

Puis nous avons repris la route pour visiter, enfin, notre premier site archéologique du périple, l'immense cité de Teotihuacan. Le temps est au beau fixe. Le site est inondé de lumière, écrasé quelque peu par le soleil qui n'est pourtant pas au zénith en cette saison. L'air frais de l'hiver en matinée nous trompe et je ne vois pas le coup de soleil que je suis en train de prendre (car ma peau est toujours aussi blanche après pourtant plus de 4 mois passés à l'extérieur à arpenter les chemins américains).

A notre arrivée, nous avons de la chance, des voladores s'installent pour faire leur spectacle. Ces "hommes volants" montent en haut d'un mât d'une vingtaine de mètres puis se laissent tomber dans le vide tête en bas, retenus par une corde. Ils tournoient ainsi autour de cet axe central jusqu'à revenir lentement vers le sol.

Le site de Teotihuacan est immense, les pyramides du Soleil et de la Lune impressionnantes. On peut en faire l'ascension mais ceux qui me connaissent se doutent bien que je suis sagement restée au pied de ces dernières pendant que mes hommes grimpaient courageusement ces mastodontes.

On peut encore voir dans une partie du site quelques fresques et gravures. Il faut imaginer que toutes les constructions de la cité étaient ainsi revêtues de couleurs vives lorsque celle-ci était habitée par environ 100000 personnes aux IIIème siècle de notre ère.

Ce soir, nous nous sommes installés dans un camping à proximité des pyramides où nous avons fait connaissance avec 2 autres familles françaises en camping-car ! Il y a aussi des Suisses et des Autrichiens. Finalement pas très dépaysant le Mexique ...

6
janv

Nous partons le 4 janvier de notre charmant campement de Teotihuacan après avoir salué nos compatriotes français. En effet, depuis la veille, nous nous serions presque cru en France puisqu'il ne restait plus que 3 CC français dans le camping.

Notre étape du soir se fait au pied d'un volcan, la Malinche : un sommet de plus de 4400 mètres que nous ne gravirons pas, par manque d’entraînement et de temps. L'ascension prend plus de 4 heures, avec 1400 mètres de dénivelé ; bref un challenge trop inaccessible en une matinée pour des promeneurs du dimanche comme nous, surtout que nous sommes à plus de 3000 mètres et que le souffle manque rapidement. Ce fut une nuit très fraîche en pleine montagne au milieu des pins, un sacré dépaysement après quelques semaines dans la zone aride du nord du Mexique.

Le 5 janvier promet d'être une grosse journée de route. Après avoir décidé de zapper une étape sur Xalapa, grosse ville universitaire de montagne où le stationnement semble compliqué, nous filons vers Tlacotalpan, un joli village colonial dans la plaine côtière : 340km au programme et près de 3000 mètres de dénivelé négatif. Une sinécure ! Le trajet vers la côte se passe plutôt bien jusqu'à Tlacotalpan, malgré quelques chaussées chaotiques et des rencontres inattendues.

C'est ici que les choses se compliquent. La ville est plutôt mignonne avec ses maisons colorées au bord d'un nonchalant "rio" au milieu d'une "Camargue " tropicale. Mais elle s'avère être un spot impossible pour bivouaquer, notre seul et unique choix (le parking d'une station service, déjà pas très glamour) se situant de l'autre côté du "zocalo", la place centrale du village occupée par le marché de Noël local et donc impossible à traverser. Et, comme dans la plupart des cas dans ces situations, c'est l'unique point de passage possible. Le reste de la ville ne permettant pas de stationner notre 6 mètres 50, nous devons donc repartir et pensons que notre prochaine étape prévue à "seulement" 90km devrait pouvoir être atteinte sans encombre.

Mauvais calcul ! Nous sommes dorénavant en zone tropicale et même si c'est la saison sèche, les routes ont beaucoup souffert et nous nous attaquons à d'abruptes collines sur des chaussées minées de nids de poules piégeux et recouvertes de dangereux ralentisseurs (ici appelés "topes") en nombre incalculable. Le soleil descend dangereusement, la pluie s'invite par moment et nous n’avançons qu'au rythme d'un escargot. Cette journée sent définitivement le plan galère. Nous finissons heureusement par arriver sur Catemaco. Encore faut-il trouver notre camping, de nuit, sous un petit crachin pernicieux, dans un bled perdu au milieu des montagnes. C'est par miracle et avec l'aide toujours si précieuse de mon copilote favori que nous arrivons à bon port. Mais nous ne sommes pas au bout de notre parcours du combattant, il faut encore trouver quelqu'un pour nous ouvrir et il nous faudra près d'un quart d'heure et l'intervention miraculeuse d'une résidente du RV Park pour nous indiquer la marche à suivre pour entrer et s'installer. Il est 18h30, le CC est garé (pas très plat, mais franchement, on s'en tape), tout le monde est sur les rotules mais sain et sauf, donc tout va bien, l'apéro est bien mérité ce soir.

Le lendemain matin, après une nuit plutôt calme et réparatrice, nous découvrons notre campement qui s'avère être très agréable. Nous en ferons notre étape pour les trois prochaines nuits afin de nous remettre de nos émotions.

Nous en profitons donc pour poursuivre nos obligations scolaires avec les enfants, faire une grande lessive avec la machine à laver de la résidence et surtout nous reposer un peu.

Dimanche matin, nous faisons quand même un petit tour en ville, histoire de nous dégourdir les pattes, de profiter des vues sur le lac qui nous jouxte et de prendre un peu le pouls de la ville et de ses habitants. Une balade haute en couleurs et fort agréable.

Nous retrouvons aussi avec joie de nombreuses espèces d'oiseaux toutes plus colorées les unes que les autres et aussi très volubiles pour certains.

Nous repartons lundi vers Villahermosa et souhaitons une bonne rentrée 2018 à tous les scolaires qui nous suivent (élèves comme prof').

9
janv

Les routes étant ce qu'elles sont au Mexique, et les points de chutes pour « gros véhicules encombrants » comme celui avec lequel nous voyageons se faisant finalement plutôt rares, nous avalons le bitume en ce moment sur de grosses journées pour rallier les différentes étapes où nous sommes sûrs de pouvoir stationner. Nous devons donc éliminer certaines visites ou en reporter d'autres, afin de pouvoir coller à la réalité de la route.

Nous sommes partis de Catemaco après trois jours de repos afin de nous rapprocher de Villahermosa et son musée-zoo. La ville, bien que très grande, mais très peu touristique, ne nous offre aucune possibilité de halte nocturne et nous faisons donc étape sur une station-service située en amont. La nuit ayant été rythmée par les arrivées et les départs incessants de camions, nous ne sommes pas au meilleur de notre forme en ce mardi matin. Une deuxième nuit de suite sur ce genre de spot ne nous enchantant guère, nous décidons alors de filer directement sur la côte Caraïbe et de remettre au retour la visite de Villahermosa.

Après 4 heures et demie de route et 270 kilomètres, nous nous installons dans un joli camping au bord de la plage vers 14h30. Il fait beau mais pas trop chaud, la plage est petite mais charmante, l'ombre des palmiers y est la bienvenue, les enfants peuvent enfin remettre les maillots de bain et les parents se poser les doigts de pieds en éventail. On est bien, on est plutôt au calme, on a de l'eau et de l'électricité, donc on se pose et on avise au jour le jour.


Nous avons même droit à quelques découvertes de la faune locale, certaines que nous connaissions déjà, d'autres qui nous ont plutôt surpris dirons-nous.

Si quelqu'un en veut un pour le mettre dans son salon, comptez pas sur moi pour vous le ramener !!!
12
janv

Après cette parenthèse reposante de trois jours au bord du Golfe du Mexique, nous reprenons la route pour visiter notre première ville de la péninsule du Yucatan, Campeche.

Cette cité fut fortifiée par les Espagnols peu de temps après leur arrivée, pour faire face aux incursions des pirates qui venaient la piller régulièrement. On trouve encore quelques portions de ces murailles autour d'un centre historique bien conservé. Contrairement aux autres villes visitées, ce dernier semble seulement réservé aux touristes et manque étonnamment de vie. Il faut se rendre au mercado tout proche pour retrouver tout le dynamisme mexicain. La balade est néanmoins agréable et une petite incursion nocturne nous permettra de voir ces vieilles ruelles sous un autre angle.

Nous prenons ensuite la route du nord pour une étape balnéaire à Celestun. Le parking d'un hôtel nous accueille au bord d'une plage magnifique dont nous ne nous lassons pas. Le temps est au beau fixe, le soleil radieux, les températures douces, tout ce qu'il faut pour se relaxer et prendre du bon temps. Bref, on profite avant d'attaquer la zone plus touristique du Yucatan. L'hiver au bord d'une plage de sable blanc, c'est finalement bien agréable, on y prendrait goût.

Bon courage à tous, en ces temps de frimas en métropole et à bientôt.

16
janv
16
janv

Nous faisons une halte dans le village d'Izamal qui présente une belle unité avec ses façades jaunes et blanches.

Le village, et son couvent à l'atrium imposant entouré par 75 arcades, sont construits sur les ruines d'une ancienne cité Maya. Le centre du village renferme donc aussi les vestiges de deux pyramides. On peut encore gravir l'une d'entre-elles pour avoir un point de vue sur la forêt tropicale environnante.

On trouve quelques touristes dans le village mais qui ne permettent pas de faire vivre les infrastructures hôtelières du secteur, désertes. Le centre du village n'est pas très animé non plus par les Mexicains qui ont sûrement trouvé mieux à faire ailleurs. On suppose que la très touristique Cancun a dû capter une bonne partie de l'activité de la péninsule tropicale, dommage.

18
janv

Valladolid est une ville au centre du Yucatan, souvent délaissée par les touristes dont la masse se retrouve plutôt à Cancun et sur le site archéologique de Chichen Itza. Nous choisissons toutefois d'y faire une étape.

Nous avons passé l'après-midi à arpenter les rues de la ville, à goûter du chocolat vraiment pas terrible (la recette mexicaine étant très éloignée des secrets de préparation français), et à faire le tour d'un cenote situé à deux pas du centre.

Les cenotes sont d'immenses puits d'eau douce naturels qui sont le résultat d'un effondrement du terrain situé au dessus de rivières ou de nappes souterraines. Ils ont constitué des réserves d'eau douce pour la civilisation maya et sont encore parfois utilisés aujourd'hui par les Mexicains. On peut se baigner dans certains d'entre-eux ; le cénote Zaci a un diamètre d'environ 45 mètres et atteint une centaine de mètres de profondeur.

19
janv

Nous attaquons aujourd'hui les visites des plus beaux sites précolombiens du Yucatan. Au programme du jour, l'un des plus majestueux et des plus courus, Chichen Itza.

Ce merveilleux site qui a connu son apogée entre 750 et 1200 après JC s'étend sur plus de 300 hectares et fait partie depuis 2007 des sept nouvelles merveilles du monde. Heureusement tout le monde est en forme et on commence la visite pas trop tard pour éviter le bain de foule.

Les ruines sont magnifiques et plutôt bien conservées, le cadre est charmant et la balade se passe à merveille.

Tout le monde en aura plein les pattes au bout de trois heures de visite mais aussi plein les yeux. Encore de beaux souvenirs.

20
janv

Nous reprenons la route vers l'ouest pour visiter la ville de Merida, capitale du Yucatan et grosse agglomération de 800000 habitants. Nous nous installons dans le jardin d'une auberge de jeunesse très agréable (ne rigolez pas, une auberge de jeunesse accueille aussi des moins jeunes comme nous). Il y a des hamacs au bord d'une mini-piscine, les sanitaires sont nickels et il y a même un billard (même si ce billard a du connaître des jours meilleurs, pour commencer ça suffit).

Nous partons visiter le centre ville dans l'après-midi. Le cœur historique se concentre autour du zocalo, avec quelques vieux édifices datant de la conquête espagnole. On y trouve la cathédrale, le palais du gouverneur et la demeure de Don Montejo, le conquistador à l'origine de la création de la cité.

C'est en errant autour de cette place centrale que l'on retrouve la frénésie et l'ambiance propre à la vie mexicaine. Les abords du marché sont hauts en couleurs (et en odeurs parfois, surtout près du marché aux poissons). Le pouls de la ville bat ici à plein et on se sent plongé au cœur de la vie des citadins mexicains. Les contrastes du Mexique en plein développement s'y entrechoquent : le vendeur de coque de portables côtoie la marchande de fruits coupés traditionnelle. Le mélange entre modernité et coutumes anciennes se fait très bien et donne une image rafraîchissante du pays.

La balade a donc été riche en émotions et nous sommes heureux de retrouver notre petit havre de paix et de repos pour une nuit bien méritée.

A tout de suite pour une nouvelle étape... riche en couleurs...

22
janv
22
janv

Nous filons à nouveau vers l'ouest pour revenir à Celestun où nous avions passé quelques jours la semaine précédente. Nous nous réinstallons au même endroit et espérons pouvoir, cette fois-ci, faire une excursion avec le propriétaire du lieu afin d'aller voir une colonie de flamants roses.

Le temps est au grand beau fixe et nous allons profiter de la plage tous ensemble. Chacun y trouvera une activité qui lui convient et nous passerons une belle après midi tranquille à profiter du temps qui passe.

Le lendemain, réveil aux aurores (enfin presque). A 8 heures, départ pour la lagune avec notre hôte et son tuk-tuk pour essayer d'aller observer des flamants roses. Pour ceux qui ne connaissent pas ce moyen de transport, il s'agit d'une moto réaménagée permettant de transporter jusqu'à 6 personnes (tout dépend de la taille des personnes) et qui ressemble à une grosse caisse à savon. C'est rustique mais efficace sur les petites routes non asphaltées du parcours qui nous attend.

Nous passons tout d'abord par le port de Celestun où les pêcheurs viennent de rentrer. C'est folklorique à souhait mais on ne peut plus authentique car le touriste ici se fait rare et ce sont les locaux qui s'approvisionnent directement aux bateaux.

Ensuite, malheureusement, il y a l'envers du décor d'un pays en plein développement et qui manque encore cruellement de structures adaptées. Le problème, ici, est la gestion des déchets. Nous traversons une énorme décharge à la sortie du port ou l'on stocke puis brûle comme on peut toutes les ordures de la ville. Bien évidemment, la nature environnante est la grande perdante de l'histoire avec des tonnes de plastique en tout genre jonchant aussi bien la mangrove que la lagune attenante. C'est bien dommage, car on se situe quand même dans une réserve naturelle "protégée", de quoi, on ne voit pas bien. Et, quand bien même, il n'y aurait pas ce label, il est quand même regrettable de voir ce si beau paysage gâché par le fléau plastique. Fin de la pause écolo, place aux splendeurs de la nature...

Quelques hectomètres plus loin, les flamants sont au rendez-vous et nous éblouissent par leurs couleurs roses éclatantes voir rouges écarlates. Bien que timides au départ, nous finirons par pouvoir les approcher de très près en fin de parcours. Quel spectacle ! Merci mère nature.

A droite, c'est nous cinq en train de mater les flamants sur les piquets de Koh-Lanta. 

Nous finirons la journée à nouveau sur la plage, à profiter d'un salutaire petit air marin pour rafraîchir l’atmosphère qui, cet après midi, est plutôt "caliente".

Bonne nuit à tous, ou plutôt bon réveil, je finis par ne plus savoir avec le décalage horaire et à bientôt.

PS : désolé pour la quantité d'images de flamants, mais je ne savais plus quoi choisir... merci de votre compréhension.

23
janv

Après cette pause balnéaire, nous reprenons nos visites culturelles en nous rendant sur la Ruta Puuc.

Ce territoire, à la différence notable du reste de la péninsule, présente un paysage légèrement vallonné et il regorge d'anciennes cités mayas. Nous nous rendons en premier lieu sur le site de Kabah, en plein cœur de la forêt tropicale sèche. On y trouve de merveilleux exemples de style Puuc où les représentations du dieu Chaac sont omniprésentes. Ce dieu de la pluie chez les Mayas avait une importance particulière dans cette région aride où il n'y avait pas de cenotes, ces trous d'eau si caractéristiques du nord du Yucatan. Ici, toute l'eau était récupérée pendant la saison des pluies et stockée dans d'immenses citernes souterraines.

Le site, bien que modeste par sa taille, présente de très beaux édifices bien conservés ou bien restaurés et on y observe de magnifiques exemples de bas reliefs et de statuaires. Un vrai régal pour les yeux et un bon commencement pour notre marathon d'explorateur.

Nous filons le soir même, bivouaquer sur le site d'Uxmal que nous visiterons le lendemain "à la fraîche". En attendant, on se tape un bel orage tropical en fin de soirée avec éclairs à gogo, tonnerres rugissants et trombes d'eaux. Il fallait bien que ça arrive, même si nous sommes en saison sèche.

Au petit matin, le ciel reste gris mais la pluie a cessé de nous arroser. On se lance à l'attaque de cette cité maya. Dès l'entrée, le spectacle est saisissant avec la superbe pyramide du devin, à la forme elliptique si originale. La suite est tout aussi splendide, des points de vues magnifiques s'ouvrent sur la nature environnante depuis le sommet des monuments, qui sont eux-mêmes majestueux. La matinée passe rapidement à déambuler au milieu de ces ruines et malgré la chaleur qui monte lentement mais sûrement, nous passons un très agréable moment tout au long de cette belle balade.

25
janv

Après avoir traversé le sud du Yucatan, nous arrivons à Bacalar et sa fameuse lagune multicolore. Le temps n’étant pas vraiment avec nous, la saison sèche étant franchement plutôt humide cette année, c’est sous un ciel chargé d’énormes nuages menaçants que nous découvrons ce paysage lacustre. Les contrastes des couleurs sont vraiment saisissants malgré le peu de luminosité. Nous trouvons refuge pour deux jours dans un « balneario », quasiment les pieds dans l’eau. Nous pourrons ainsi profiter de ce merveilleux environnement et nous baigner à plus soif – enfin plutôt entre chaque averse. Malheureusement, les nuits ne seront pas des plus calmes, le bivouac ayant pour voisin des restaurants et hôtels adeptes des concerts nocturnes pour occidentaux néo-babas qui colonisent cette paisible cité balnéaire. Dommage pour nous et pour notre sommeil. Heureusement, pour compenser, le restaurant au bord de la lagune nous accueillera pour un excellent déjeuner à base de poissons locaux, avec une vue imprenable. Quand l’appétit va, tout va…

28
janv

Nous quittons les bords de la laguna Bacalar pour rejoindre Coba en pleine jungle.

Au milieu d’une végétation plutôt dense, nous attaquons de bon matin la visite de cette ancienne cité maya. Les ruines y sont moins bien conservées que sur les précédents sites mais elles possèdent pourtant un charme envoûtant, avec leurs bâtiments recouverts de végétaux, qui s’offrent à la vue du visiteur au dernier moment. Le clou du spectacle est la pyramide de Nohoch Mul, haute de près de 42 mètres et qui dégage un panorama à 360° sur la forêt environnante après l’ascension abrupte et vertigineuse de ses 113 marches.

L’après midi, changement de décor. Nous voilà au bord de la côte caraïbe, au cœur de la riviera maya et de son tourisme de masse. Finis le calme et l’authenticité mexicaine, bonjour les hordes de touristes en quête de soleil et de plages paradisiaques. Le site est vraiment splendide de part sa situation exceptionnelle au bord d’une mer couleur azur mais la cohue et la chaleur rendent la visite moins agréable. Seuls les iguanes ne semblent souffrir ni de l’un ni de l’autre. Ils en ont vu d’autres.

30
janv

Après les sites archéologiques, viennent le tour de ce que la quasi-totalité des touristes internationaux recherchent : les plages paradisiaques de la Riviera maya.

Le défi est de trouver un endroit où stationner, certes, mais surtout où rester pour quelques jours sur cette côte mondialement connue et très prisée. Tout le littoral est privatisé par des hôtels de luxe et autres parcs d'attractions aquatiques, vastes espaces ceinturés par de hautes clôtures surmontées de fils barbelés et surveillées 24/24 par des gardes logés dans des miradors. L'envers du décor ne nous donne pas vraiment envie de passer la porte d'entrée, qui aurait envie de pénétrer délibérément dans une prison ? Des millions de touristes assurément, à qui on vend la sécurité de leur lieu de villégiature dans un pays où on ne ressent jamais, pourtant, d'insécurité... Mais nous, avec notre maison sur le dos et libres comme l'air, vous pensez bien que cela ne nous intéresse pas vraiment et, en plus, on n'a pas vraiment le profil du touriste attendu ici. Nous passons donc notre chemin sur un bon nombre de lieux pourtant considérés comme incontournables dans les guides de voyage.

A mi-chemin entre Tulum et Cancun, à Paa Mul, il existe un RV-Park, un de ces campings pour camping-car, qui peut nous accueillir. Les prix sont affichés en dollars US, c'est tout dire. Les RV qui sont déjà là sont installés en réalité depuis fort longtemps. Des Etats-Uniens et des Canadiens y ont élu domicile en construisant tout autour de leur RV, ainsi emprisonné, des murs en parpaings pour donner naissance à d'immenses villas de vacances semi-ouvertes. Voici à quoi ça ressemble :

Si, si, on vous l'assure, il y a encore, une caravane, un camping-car ou un mobilhome à l'intérieur !

Il reste encore quelques places pour les camping-cars de passage comme nous. Nous nous y installons pour 3 jours moyennant une coquette somme – mais c'est la Riviera maya – car il paraît, si on en croit le guide du routard, que la plage vaut vraiment le détour. Pour le prix, nous n'aurons quand même pas la vue sur la mer, faut pas rêver, on ne va pas mettre notre roulotte en première ligne !

Et, nous ne serons pas déçus. La plage est idyllique, l'eau est cristalline et les poissons sont au rendez-vous à quelques mètres du bord.

Une barrière naturelle ferme la baie où se cassent les vagues, ce qui rend la baignade fort agréable dans une mer très calme.

Pour ne rien gâcher, une piscine à débordement et le bar-restaurant ont vue sur mer.

Enfin, nous entamons ces jours-ci, la deuxième moitié de notre voyage. Il nous reste 5 mois et demi avant notre retour prévu le 13 juillet 2018 et nous ne sommes qu'au Mexique. Comme il nous reste à peu près autant de kilomètres à partir du point où nous nous trouvons aujourd'hui pour retourner à Halifax où le camping-car doit prendre le bateau, que ce que nous avons déjà parcouru, la décision de ne pas traverser d'autres pays a été prise. Nous laissons donc de côté tous les « petits » pays d'Amérique centrale, ce sera pour un autre voyage... Nous préférons profiter un peu plus de ce temps qui passe si vite, plutôt que de courir – ou rouler – après lui.

5
fév

La parenthèse Paamul a réellement été fabuleuse et nous a donné l'impression d'être vraiment en vacances. N'ayant pas la possibilité technique et le temps matériel de monter les vidéos faites sous l'eau, je vous mets quand même en ligne quelques photos réalisées au cours de nos nombreuses plongées. Elles vous permettront de voir un petit peu ce qui nous a tant plu.

Mais nous devons reprendre la route et nous filons plein sud pour retourner sur Bacalar.

En route, nous faisons une halte à Akumal, une plage qui accueille des tortues toute l'année. Hélas elle attire aussi une nuée de touristes (étrangers et mexicains) qui, en ce lundi férié, profite du beau temps pour faire un plongeon avec ses jolies petites bêtes. Impossible pour nous de se garer et donc on poursuit notre route. Tant pis !

Arrivés à Bacalar, nous nous rendons au même balneario qu'à notre précédente venue. Là aussi, le lundi férié a rempli le parking, un carnaval semble prévu sur toute la semaine avec son concert nocturne. Déjà que les nuits avaient été compliquées à notre premier passage, nous ne tentons pas l'aventure et continuons vers le sud. Il va bien falloir trouver un spot pour la nuit...

Finalement, nous nous garons à Calderitas, tout près de la frontière bélizienne. Il fait malheureusement très chaud et les moustiques sont de nouveau de la partie. Nous ne resterons pas longtemps et continuerons notre route.

Nous traversons ensuite la péninsule du Yucatan d'est en ouest en prenant la ruta Bec où nous visiterons deux petits sites bien différents de ceux que nous avons déjà vus. Becan et Chicana sont de magnifiques exemples du style Rio Bec typique de cette région. Les structures et pyramides sont disséminées en pleine forêt et font apparaître des motifs liés au culte du serpent. Une bien jolie visite. Malheureusement, une fois de plus, nous ne pouvons pas rester sur place pour la nuit et nous voilà repartis pour deux heures de route avant de nous arrêter sur un spot un peu rustique en pleine forêt, entourés de nos meilleurs amis du moment, les mosquitoes. Sales bêtes !!!

9
fév

Après un mois passé dans le Yucatan, ses ruines, ses plages et ses villes d'héritage colonial, nous changeons d'horizon pour nous rendre dans le Chiapas, une rude et magnifique région montagneuse très marquée par les cultures amérindiennes.

Et pour débuter, cap sur Palenque et son site maya au cœur de la forêt vierge.

Le temps est lourd, les nuages menaçants mais nous nous lançons tout de même à l'assaut de cette cité de bon matin. Bien nous en a pris, après une demi-heure de grimpette, nous entrapercevons nos premiers singes hurleurs. Nous entendons leurs cris rauques et intenses depuis hier mais nous ne les avions jusque-là pas vus. Les officiels du site nous les montrent avant l'entrée dans ce dernier et nous passons quelques minutes à observer cette petite famille prendre son petit-déjeuner dans les hautes branches des arbres.

La visite quant à elle débute dans une brume épaisse qui finira par se dissoudre sous l'effet du soleil. Les temples et les palais émergent des nuages et des immenses arbres tout au long du parcours. Les points de vue sont spectaculaires depuis certains édifices et quelques bas-reliefs bien conservés embellissent le site de toute leur finesse.

La fin de la visite propose un sentier au cœur de la selve, entre une végétation luxuriante et des cours d'eau capricieux se transformant en de bien jolies cascades.

Cette matinée de balade nous aura bien ouvert l'appétit que nous comblerons au restaurant du camping, à la fois délicieux et copieux. Quelques cours pour digérer et une baignade pour se rafraîchir un peu. En bref, une belle journée comme on les aime.

11
fév

Pour rejoindre la ville de San Cristobal de las Casas depuis Palenque, la route de montagnes n'est pas très conseillée, pour son revêtement en piteux état d'une part et pour ses barrages récurrents d'autre part où la police corrompue extorquerait beaucoup de monde dans le secteur si on en croit notre sacro-saint ministère des Affaires étrangères. Nous décidons donc de contourner le problème mais il nous faut quand même faire un détour d'environ 350 Km pour nous rendre au cœur du Chiapas.

Nous en profitons donc pour faire une étape que nous avions laissée de côté à l'aller. Nous nous arrêtons au Parque Museo de la Venta à Villahermosa. Y sont présentées des œuvres d'art olmèques dans un environnement de jungle tropicale.

Certaines têtes colossales pèsent plus de 30 tonnes et sont sculptées dans un basalte qu'on ne trouvait qu'à 100Km de l'endroit où on les a trouvées. Elles sont datées de 700 à 400 av. J.-C., c'est donc bien plus ancien que tout ce que l'on a pu voir jusque là au Mexique, et en Amérique de manière plus générale.

Nous nous sommes ensuite rendus dans la ville de Tuxtla Gutierrez qui est la porte d'entrée du canyon del Sumidero. Cela permet de passer 2 heures à contempler el Sumidero depuis le haut des falaises qui le surplombent, donc 500 m au dessus de ses eaux. 5 points de vue sont bien aménagés le long d'une route en bon état, ce qui rend le parcours presque facile et dénoue les tensions dorsales qui se créent immanquablement sur les routes du Mexique, entre ralentisseurs non signalés, ornières monstrueuses, défaut de chaussée du aux glissements de terrain et/ou au manque de goudron, et tuk-tuk, 2 roues motorisés ou à pédales, hommes à cheval, taxis par centaines, colectivos et bus toujours pressés, poids-lourds double semi-remorques, piétons traversant l'autoroute (que l'on appelle autoroute juste parce qu'elle est payante, elle a parfois un peu moins de trous, mais c'est pas sûr), chiens errants, et j'en passe...

Enfin bref, le canyon del Sumidero, c'est très joli et c'est « presque » à taille humaine. C'est mieux de le faire maintenant, avant d'avoir vu les canyons de l'ouest américain qui jouent dans une autre catégorie.

Il faisait très chaud aujourd'hui, 35°C dans la ville de Tuxtla Gutierrez. Des nuages de chaleur voilent donc le paysage et les photos.

Nous voici maintenant arrivés à San Cristobal de las Casas, ville que nous visiterons demain. Les muscles dorsaux se sont à nouveau raidis pour parvenir au camping ; le RV park ici n'est accessible que par les ruelles étroites de la cité, des rues dans lesquelles je ne voudrais pas avoir à passer même en voiture (je vous rappelle que ma voiture est une Punto). Je crois qu'après le Mexique, on va devenir des conducteurs hors-pair en France. Enfin... surtout Nico parce que moi, je ne conduis toujours pas le camping-car et je ne risque pas de commencer au Mexique, mais je suis certaine que je viserai bien plus juste au retour.

Carine.

13
fév
13
fév
San Cristóbal de las Casas

San Cristobal de las Casas

Nous voilà donc au frais dans les montagnes à plus de 2100 mètres d'altitude. La nuit n'a pas été à la hauteur de nos espérances, un vieux couple américain garé près de nous ayant eu pour idée de se refaire un trip années 70 avec musique à tue-tête toute la nuit sur l'Iphone. C'est la deuxième fois en quelques jours que cela arrive et à chaque fois, ce sont des « gringos », certainement en mal de libertés dans leur beau pays, qui se permettent au Mexique de dépasser les bornes en oubliant l'adage « la liberté des uns s'arrête où commence celle des autres ». Bref, une nuit « à la c... » alors que toutes les conditions étaient réunies pour bien se reposer. On verra demain si ça se passe mieux.

Mais, nous n'allons pas nous arrêter pour si peu et décidons de nous attaquer à la visite de la ville dans l'après-midi. Le centre historique est bien préservé et présente quelques beaux bâtiments mais c'est surtout l'intense activité qui y règne qui rend la balade intéressante.

Les nombreuses populations indiennes qui se retrouvent à San Cristobal se regroupent autour de marchés colorés et vivants où elles vendent une multitude de produits locaux. Nous sommes en même temps heureux de voir ces communautés et leurs modes de vies différents, et gênés et tristes de voir qu'elles ne subsistent que par la mendicité (une première au Mexique) ou la vente de produits manufacturés dits "artisanat local" mais sans doute originaire de l'étranger. Il semble donc bien compliqué de conserver l'authenticité d'un mode de vie traditionnel dans une société de consommation en pleine expansion à l'échelle du pays.

PS : la deuxième nuit a été plus calme et ce matin, nos encombrants voisins sont partis. YEEEESSS !

17
fév

Il me tardait d'arriver sur cette côte. Rejoindre le Pacifique, c'est concrétiser l'idée que l'on est sur un littoral dont l'horizon nous emporte de l'autre côté de la planète, tout un symbole. En face, au loin, là-bas, c'est l'Asie, tout un autre monde à découvrir, un jour peut-être y retournerons-nous.

Le Pacifique, nous l'avions déjà côtoyé, il y a 17 ans, par un frais mois d'octobre à San Francisco. Certains s'en souviendront. Pour se réchauffer, nous avions mangé ces clams chowders, soupes chaudes de fruits de mer, spécialité (une des rares) des Etats-Unis, aussi bien sur la côte est que sur la côte ouest du pays. Les phoques étaient alors les seuls à profiter de la baignade.

Le Pacifique aujourd'hui, c'est un cadre bien différent dans la ville de Puerto Arista. Il fait 35°C l'après-midi, autour de 25°C la nuit, toute l'année. Nous avons chaud et les moustiques nous attaquent. Seule solution : la baignade dans l'immensité pour nous rafraîchir et pour tenir au loin ces nuisibles peu téméraires face à un océan capricieux et tonitruant.

Les guides de voyage nous promettent une baignade dangereuse. C'est vrai que les vagues y sont impressionnantes mais ne nous paraissent pas plus périlleuses que celles de la côte Atlantique, même peut-être moins puissantes qu'à Lacanau certains jours. Nous restons tout de même prudents ; de toute façon pas besoin d'aller bien loin pour être complètement trempés, des vagues de plus de 2m cassent à 10m de la plage. La baignade est finalement à peine rafraîchissante car les eaux sont incroyablement chaudes, bien plus chaudes que celles de la mer des Caraïbes. Un océan avec les vagues pour jouer mais avec 10°C de plus qu'à la maison, c'est top.

Nous poursuivons notre route le long du littoral Pacifique pendant quelques jours et aurons vraisemblablement d'autres occasions de nous frotter à ses vagues majestueuses. Et si nous trouvons un petit paradis, comprendre juste un parking sans moustiques, alors nous prévoyons même d'y rester quelques temps car, après ces étapes sur le grand océan, il en sera fini des plages pour le reste du voyage.

21
fév

Nous continuons notre route le long du Pacifique pour nous poser quelques jours sur la baie de Tangolunda.

Après une longue route bien sinueuse mais en pas trop mauvais état, nous arrivons sur une succession de baies qui font l'objet d'une tentative de développement touristique par le gouvernement mexicain depuis les années 1980. Le parcours sur la côte ayant été plutôt proche de la traversée du désert que de la tournée des plages touristiques, nous sommes surpris en arrivant sur ce spot de trouver tous les équipements dignes des plus grandes stations balnéaires. En plus des grands hôtels les pieds dans l'eau, des agences de voyage prêtes à vous proposer toute sorte de sorties en mer et des restaurants de plages, nous trouvons de surcroît un grand parking aménagé à l'ombre des palmiers et autres arbres tropicaux pour moins de 5€ la nuit avec sanitaires et douches à dispo, ainsi que les services pour le CC. Le pied quoi ! Pour la plage, celle à proximité du bivouac est à moins de 5 minutes à pied et donne sur une grande baie où les déferlantes du Pacifique viennent se jeter. Hélas, l'eau est légèrement trouble du fait de nombreuses algues et la pente est plutôt abrupte ce qui rend la baignade légèrement périlleuse. On en profite quand même un peu l'espace d'un après midi.

Ce qui reste génial avec le Mexique, c'est que la vie sauvage n'est jamais très loin de nous. Sur ce parking et malgré la proximité de tous ces équipements touristiques, nous rencontrons de nouvelles espèces jusque là seulement observées dans des zoos voire jamais : aras, crabes de terre, jolis oiseaux huppés et bien sûr, les sempiternels iguanes.

Nous parcourons une petite dizaine de kilomètres pour nous rendre dans une seconde baie normalement plus abritée et où l'on peut observer un banc de corail et son cortège de poissons exotiques. Bien nous en a pris car la playa Entrega est à la fois agréable à la baignade avec sa grande anse aux douces vagues, mais aussi géniale pour les amateurs de masque et tuba qui s'en donnent à cœur joie au dessus des fonds coralliens.

Les journées passent au rythme des baignades rafraîchissantes (j'ai oublié de préciser que l'hiver est rude sous ces latitudes avec un petit 32°C de moyenne), des obligations scolaires (au plus grand bonheur des enfants) et des petits repas bien savoureux (des légumes goûteux, des fruits exquis et tout un panel de gourmandises à s'en lécher les babines ... Miam miam!!!), le tout arrosé de boissons fraîches (soda hélas pour les enfants, les jus de fruits frais si délicieux dans la rue n'ayant pas d'équivalents dans le commerce, et une spécialité mexicaine bien glacée pour les parents - Corona Extra - avec modération bien sûr). On peut dire que la vie est dure pour nous au Mexique !!! Profitons-en bien avant de retourner dans le Nord où le climat sera plus rude au printemps.

Prochaine étape : la néo hippie Playa Zipolite ... tout un programme.

22
fév

En ce 22 février, nous arrivons à notre dernière étape au bord du grand océan. Voilà 6 mois que nous sommes partis, et on peut dire que le voyage passe vite. Par un drôle de hasard, nous sommes aussi au point le plus austral de notre périple à environ 15,5° de latitude Nord, soit à un peu plus de 1500 km de l’Équateur. Depuis le point le plus septentrional de notre parcours (au nord de la Gaspésie), nous sommes descendus de près de 50° de latitude soit quasiment 5000 km du nord vers le sud, le tout en parcourant plus de 23000 km d'asphalte, de terre, de caillasse et autres matériaux douteux de revêtement routier. Et tels les oiseaux migrateurs au printemps, nous entamons notre lente remontée à partir de cette étape. Il nous reste un peu moins de 5 mois pour revenir sur Halifax et encore un bon paquet de choses à découvrir.

Pour profiter de ces derniers instants au bord de la côte, nous passons 6 jours dans un magnifique camping à quelques mètres de la plage de Zipolite. Un véritable exploit pour les itinérants que nous sommes. L'ombre prodiguée par les manguiers, palmiers et autres arbres tropicaux fait le plus grand bien, car la fin février est torride, 30°C et plus en journée et pas moins de 24°C la nuit. On ne va pas se plaindre même si, en bon français râleur que je suis, j'aimerais un peu plus de fraîcheur la nuit. Heureusement, une petite brise marine souffle par moment pour nous rafraîchir un peu, et les multiples baignades en piscine ou dans l'océan finissent le boulot. Seules les nuits sont parfois compliquées, la température du CC ne descendant que rarement en dessous des 27-28° C.

La ville n'a pas un charme fou mais la plage est belle bien que dangereuse pour la baignade. La houle est forte, les vagues atteignent quasiment les 4 mètres et les maîtres nageurs veillent au grain en n'hésitant pas à faire sortir tout le monde de l'eau au changement de marée.

2
mars

Nous avons laissé derrière nous le Pacifique et sommes retournés sur les plateaux à l'intérieur des terres. Quelle aventure pour rejoindre la ville d'Oaxaca ! C'est 286 Km parcourus en 10h, répartis en 8h de conduite et 2h de pause, des centaines de virages et des pentes vertigineuses sur des routes soumises aux glissements de terrain à la moindre pluie. Nous traversons ainsi les villages de montagne parsemés de topes (ces fameux ralentisseurs mexicains) qui nous arrêtent très régulièrement dans notre pénible ascension lorsque nous arrivons à dépasser les 30Km/h ! Cette voie d'accès à Oaxaca à travers la Sierra Madre nous mène à 2753 m d'altitude avant de redescendre sur un plateau situé à 1500 m.

L'étape dans la ville est agréable et nous a encore offert de nombreuses occasions de satisfaire nos appétits en très exigeants Français que nous sommes. La cuisine mexicaine est vraiment excellente et propose d'innombrables spécialités, on comprend qu'elle soit classée au patrimoine immatériel de l'humanité.

Oaxaca est accueillante avec ses rues piétonnes colorées. Nous avons aussi pu visiter une église baroque édifiée par les Dominicains espagnols à la fin du XVIème siècle et le musée de la ville qui présente l'histoire de la région à travers l'exposition d'oeuvres d'art et d'objets du quotidien.

Une ville colorée
El templo San Domingo - chef d'oeuvre baroque
Quelques pièces du musée relatives aux civilisations pré-colombiennes
6
mars

Nous laissons les états du sud du Mexique pour nous rapprocher de la capitale et faire une nouvelle fois étape à Teotihuacan. Nous y étions passés début janvier pour visiter les pyramides et avions laissé de côté Mexico pour des raisons de planning. Depuis la sortie du Yucatan, nous nous posions la question de la faisabilité de cette étape avec le CC. Mais être si près de la capitale et ne pas y passer me gênait quand même un peu. Le camping de Teotihuacan était donc l'endroit idéal pour laisser le CC pendant que nous nous attaquions à cette énorme ville, la place étant sûre, l'accès assez commode en bus et métro. Nous tentons donc l'aventure.

En quelques chiffres, Mexico, c'est plus de 20 millions d'habitants sur une agglomération de 30 km sur 50 km, 2200 mètres d'altitude, le deuxième métro d'Amérique en terme de grandeur (et à mon avis le premier en terme d'utilisateurs) et malheureusement une pollution bien visible à l’œil nu qui oblige les autorités à appliquer des règles très strictes de conduite.

45 minutes de bus et 30 minutes de métro plus tard, nous voilà sur le Zocalo de la mégalopole mexicaine. La traversée des banlieues en bus nous a donné un aperçu assez significatif de la grandeur et de la densité de cette agglomération tentaculaire.

On est quand même ici à plus de 30 km du centre historique.

Nous sommes surpris par la propreté de la ville mais aussi par son côté aseptisé à l'image du Zocalo. Cette immense place de 240 mètres de côté est bordée de bâtiments plutôt austères comme le Palacio Nacional et le Palacio del Gobernor. Même l'immense cathédrale et son air penché n'égaye pas le lieu.

Heureusement, le gourmand que je suis, trouve une merveilleuse adresse en la "Pastelaria de Madrid", une grande pâtisserie datant de 1939 qui nous servira de cantine pour les 3 jours, aussi bien au petit déjeuner, qu'aux déjeuner et dîner. On n'a même pas pu y goûter un quart des merveilles qu'elle proposait : succulents tortas, goûteux tacos, petits gâteaux à se damner (un opéra aussi bon pour 60 centimes, c'est pas bon pour le régime mais c'est divin), en gros un condensé de tout ce que peut donner la cuisine mexicaine simple mais bien faite. Une adresse dont je me souviendrai longtemps. Seul inconvénient, on ne peut s'y désaltérer d'une petite bière, mais les jus d'oranges, cafés et thé chaï y sont délicieux.

L’hôtel réservé pour cette étape remplit à merveille son rôle. Il est proche du centre historique et au pied du métro. La chambre est nickel, la salle de bain magnifique, on y est presque au calme, pour 35€ la nuit, on ne peut pas demander plus.

Le premier après-midi nous visitons donc le templo mayor et la cathédrale, deux sites quasiment adjacents.

Le premier était le symbole de la toute puissance aztèque avant l'arrivée des colons espagnols. Il était placé au centre du monde pour cette civilisation, donc aucun souverain n'a cherché à le déplacer, mais tous ont modifié son apparence en superposant d'une couche supplémentaire les ajouts du précédent. L'édifice ayant été rasé par Cortès et ses successeurs, on a seulement retrouvé les fondations de ce temple à la fin du XX° siècle par hasard, en construisant l'assainissement du centre. On peut donc observer maintenant ce mille feuille de pyramides et profiter du magnifique musée contigu qui présente les nombreux chefs d’œuvre trouvés sur le site depuis sa redécouverte.

Le second est au contraire le symbole de la colonisation espagnole et de la toute puissante église catholique en Nouvelle Espagne. L'intérieur y est plutôt sobre par rapport aux autres cathédrales vues dans le pays. Seul un retable doré et un imposant orgue décorent l'ensemble.

La seconde journée sera consacrée au musée anthropologique qui dresse un aperçu exhaustif de toutes les civilisations ayant pris part à l'histoire du pays. C'est très beau, la mise en valeur des pièces présentées est géniale mais le manque d'explications et d'informations nous laisse un peu sur notre faim.

Le matin avant de partir, nous visitons le Palacio Nacional qui présente surtout un intérêt pour la présence des oeuvres du muraliste mexicain Diego Rivera. Ces quelques fresques murales y présentent sa vision de l'histoire du pays de l'empire aztèque à la fin du 19° siècle. C'est coloré, assez simpliste mais plutôt sympa surtout pour les quelques clichés plus ou moins objectifs des différentes époques.

Le reste des journées passées sur Mexico nous aura permis de flâner dans la ville pour prendre le pouls de cette tentaculaire cité et de ses nombreux habitants. Mexico n'est pas le Mexique, c'est une grande capitale internationale qui tend à ressembler aux autres mégapoles occidentales. C'est "clean and secure" (en tout cas dans les quartiers touristiques), on y trouve toutes les boutiques des grandes marques internationales sur de longues avenues piétonnes mais nous n'y avons pas ressenti les mêmes émotions que dans le reste du pays, dans des villes plus typiques et marquées par l'atmosphère mexicaine.

13
mars

Vous n'avez pas beaucoup de nouvelles de nous en ce moment. Ne vous inquiétez pas, tout va bien. C'est juste que, depuis une semaine et demie, nous avons élu domicile au camping de Teotihuacan. Nous vous avions conté notre escapade à Mexico, il y a quelques jours, et nous avions prévu de rester quelques jours supplémentaires au camping afin de préparer la sortie du Mexique et la suite du voyage aux States.

Mais, comme lors de chacun de nos séjours à l'ombre des pyramides, le terrain de camping se transforme en terre promise des voyageurs outre-atlantique français. Deux familles en janvier, trois à notre arrivée en mars, puis à nouveau trois autres familles avant notre départ. La plupart de ces clans de voyageurs sont des couples avec enfant(s) bien que nous ayons aussi fait la connaissance de deux duos d'"anciens" en goguette sur les routes d'Amérique.

Pour les enfants, c'est un moment souvent magique de retrouver des copines et des copains qui parlent leur langue et qui vivent la même aventure. Le Trailer Park de Teotihuacan se transforme alors en cours de récréation où la langue de Molière résonne un peu partout (Sorry à notre voisin anglais qui hier soir, est sorti de sa réserve toute britannique pour nous demander de tenir notre petite bande de diablotins loin de son bus de 12 mètres tout confort - Satanés Frogs). Pendant quelques jours, nos enfants s'en donnent à cœur joie. Ils profitent de leur soudaine liberté loin du regard de leurs parents pour se découvrir, se connaître, jouer, rigoler, se chamailler aussi peut-être parfois mais en tout cas, pour faire le plein de souvenirs et d'images. Ces moments rares et éphémères sont une expérience inédite pour la plupart d'entre eux et leur donnent une sacré bouffée d'oxygène dans une aventure où la présence permanente des parents à leurs côtés peut leur sembler parfois pesante.

Pour les parents, c'est toujours l'occasion de partager des anecdotes sur le trajet parcouru, les galères rencontrées, les spots de rêve à ne pas louper, les lieus à éviter, bref plein d'informations qui transitent par le bouche à oreille et facilitent parfois l'aventure. Tout cela bien sûr, autour d'un alignement de table de camping, sous un auvent protecteur, à la lumière des lampes frontales en guise d'éclairage , le temps d'un apéro ou d'un repas partagé en groupe plus ou moins nombreux. Chacun parle de ses projets, de ses envies et du pourquoi de ces départs en longs voyages. Il est intéressant de constater que les univers de ces voyageurs au long cours soient tous aussi variés, tout comme leurs façons d'appréhender cette aventure et leurs attentes dans de telles expéditions. C'est aussi un des charmes de ces rencontres, intenses et brèves.

Cette étape gardera donc une saveur unique, de par sa longueur, sa relative oisiveté bien méritée, ses multiples rencontres et la joie intense des enfants de retrouver les jeux de leur âge avec de nouveaux camarades.

Nico.

17
mars

Après notre longue pause à Teotihuacan, nous reprenons notre route vers le nord afin de rallier les Etats-Unis à nouveau. Si tout va bien et que les douaniers US veulent bien nous laisser passer une deuxième fois dans leur pays, alors nous devrions y être demain soir.

En attendant, nous voulions partager quelques photos de cette longue route du nord du Mexique qui traverse de magnifiques paysages. Partie méconnue du pays, elle possède pourtant tant de beautés naturelles.

Alors que tout était très sec lors de l'aller au mois de décembre, aujourd'hui les cactus fleurissent et la végétation, certes toujours au ras du sol, s'est teintée de vert. Des petites tornades aussi se forment sur les plateaux ; c'est sympa à voir ... de loin.

Le Mexique nous a enchantés. Nous avons été surpris par ses multiples visages, ce pays offre des paysages tellement variés : plateaux désertiques au centre, jungle luxuriante près du Golfe du Mexique et dans le Chiapas, montagnes, volcans dont certains cônes fumants surplombent le plateau déjà à 2000 m d'altitude de quelques 3000 m de plus, plages paradisiaques des Caraïbes au Pacifique, côte plus sauvage du Golfe du Mexique, charme des villes coloniales, beauté des sites précolombiens. Entre tradition et modernité, le pays est riche d'un mélange culturel de plusieurs millénaires. Que de sensations ici ! Et bien sûr nous avons adoré sa cuisine, je crois que vous vous en êtes rendu compte.

Les Mexicains sont des gens très accueillants et extrêmement gentils, qui ont toujours à cœur de vous aider. Nous nous sommes toujours bien sentis ici et nous garderons un excellent souvenir de ces 3 derniers mois.

Maintenant, en route pour l'ouest américain. C'est parti pour un cycle rando de 3 mois en EPS.

A bientôt. Carine.

Si la suite du voyage vous intéresse, c'est sur le carnet "L'ouest des Etats-Unis en camping-car" accessible sur notre profil ou directement ici.

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