Les trésors d'Andalousie en camping-car

Pendant les vacances de la Toussaint 2016, nous profitons d'une dizaine de jours pour aller chercher le soleil et visiter les bijoux de l'Andalousie en camping-car.
Octobre 2016
10 jours
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J1àJ2

Nous décidons de partir dès le vendredi soir à la débauche pour nous avancer sur ce long trajet. Le camion était prêt à l'avance, on enfourne toute la famille dedans et c'est parti. Après trois heures de route, nous décidons de nous arrêter pour la nuit autour de Dax. Nous avions repéré une aire à St Paul de Dax et pensions n'y trouver personne en cette période de l'année. Erreur, le lieu est bondé, pas une place de libre à cette heure avancée de la journée. Dommage, elle semblait bien tranquille. Il faut dire que l'accès est un peu un parcours du combattant, gros véhicule s'abstenir. Nous finissons donc, pour ne pas perdre de temps, sur un parking de grande surface à proximité. Ce n'est pas le top, mais pour une nuit, ça passe.

Le lendemain, nous démarrons tôt pour avaler du bitume, direction l'Espagne. Nous parcourons des centaines de kilomètres d' "autovia" sans voir âmes qui vivent, c'est très étrange. Même le contournement de Madrid, qui est quand même la capitale du pays et compte pas moins de trois millions d'habitants, ne nous ralentit pas d'un iota. Quand je pense à l'A86 ou à l'A104 autour de Paris, dans mes lointains souvenirs, ce n'était pas la même histoire. Nous trouvons un superbe spot pour la nuit à Consuegra. Nous dormons au pied d'un colline qui surplombe la Mancha et qui est hérissée de nombreux moulins du XVI° siècle. Vue superbe mais nuit venteuse, forcément.

J3

Après une petite demi-journée de route, nous arrivons sur Cordoue. Nous trouvons très facilement un parking accueillant les camping-car où l'on peut même faire les services. Il est situé seulement à quelques minutes du centre historique. Pas de chances pour nous, le temps est catastrophique, il pleut des cordes et la visite s'annonce mal. Nous enfilons quand même les coupe-vents et tentons le coup. Nous arrivons entre deux averses à nous rendre vers le monument principal de la vile : la mosquée-cathédrale.

La file d'attente est déjà longue mais les caissiers sont efficaces et nous rentrons rapidement dans l'édifice. Le charme agit dès que l'on met les pieds à l'intérieur. On se retrouve au milieu d'une forêt de piliers datant de la construction de la mosquée au VIII° siècle. La pièce est impressionnante par sa grandeur ( 180m sur 130m) et la profusion de ses décorations. On se perd au milieu des 19 nefs et on finit par tomber sur la cathédrale gothique datant du XVI° siècle qui surgit avec singularité au sein de ce décor arabo-musulman. Il faut dire que ce lieu de culte à inspirer depuis longtemps de nombreuses religions : tout d'abord, temple de Janus, puis église wisigothique dédiée à St Vincent, mosquée sous le règne des califes Omeyyades de Cordoue pour enfin devenir cathédrale après la Reconquista. Si avec ça, les dieux ne sont pas avec nous, je ne sais plus à quel saint me vouer.

Hélas, en ressortant dans la cour des orangers, nous constatons que le temps ne s'est guère amélioré. Nous déambulons néanmoins quelques temps dans les ruelles dignes d'une médina qui jouxtent la mezquita. Nous y découvrons même un excellent vendeur de Turron, Sabor a España, au cœur du quartier de la Juderia. L'odeur du caramel m'y attire irrémédiablement tel le chant des sirènes sur Ulysse et je laisse ma gourmandise naturelle se repaître de cet amoncellement de sucreries. Et au goût, un vrai régal ! Rien de mieux que le sucre pour oublier la pluie qui ne fait que se renforcer. Nous finissons par courir au camion pour nous y réfugier. Nous sommes trempés, le véhicule est noyé dans la buée de nos vêtements qui tentent péniblement de sécher et, en plus, nous sommes samedi soir. Drôle de remarque, me direz-vous ! En fait, j'avais oublié qu'en Espagne, chaque samedi soir donne lieu à des réjouissances qui ameutent la population dans les rues jusqu'à pas d'heure. Avec ce temps, j'ai cru que nous serions plus tranquilles mais c'était sans compter sur le sens de la fête de nos voisins hispaniques. Toute la nuit, un concert à quelques pas du camping-car, nous berce de ses sonorités assourdissantes au milieu des rafales de vents et de pluies. Une vraie bonne nuit de repos !

J4àJ5

Le lendemain matin, le temps reste humide et nous quittons Cordoue. Tant pis, nous y reviendrons pour y passer plus de temps. Nous descendons vers Antequera pour visiter le site d'El Torcal. Ce parc naturel inscrit au patrimoine mondial de l'UNESCO est très souvent délaissé des parcours touristiques classiques de l'Andalousie. Nous y arrivons en début d'après-midi dans un brouillard à couper au couteau. La route est étroite, abrupte et sinueuse, nous n'y voyons pas à plus de 10 mètres devant le capot. Nous sommes bien heureux d'arriver sans accrochage et sans avoir croisé quiconque. Nous pouvons nous installer tranquillement sur le parking du sommet près du centre des visiteurs. Ce soir, nuit calme garantie, ouf !

Puis, le miracle météo a lieu, les nuages se déchirent, le soleil brille et nous pouvons partir à la découverte de ce drôle d'univers minéral. La balade est un peu sportive car le parcours est encore détrempé, la boue colle aux chaussures et les rochers peuvent s'avérer glissants comme terriblement coupants. Mais le paysage est absolument fabuleux et cette courte randonnée plait à toute la famille.

Au réveil, le lendemain matin, après une bonne nuit de sommeil bien reposante, nous faisons à nouveau un petit tour du site, histoire de se dégourdir les jambes et nous avons la chance d'observer (de loin) une troupe de bouquetins d'Espagne qui se découpe sur le ciel, malheureusement gris, dans ce splendide site montagneux.

J5àJ6

Nous continuons tranquillement notre route pour nous rendre sur Grenade et visiter ses nombreuses merveilles. Nous avions repéré à l'avance l'accès aux parkings de l'Alhambra dont l'un d'entre eux (le premier en arrivant) est réservé aux gros gabarits comme nous. Le prix est un peu fort, surtout sans services (autour des 30€ par 24h) mais on y est plutôt au calme la nuit et surtout très proche des sites de la colline de l'Alhambra. Par contre, nous n'avions pas réservé à l'avance la visite de ce site, pensant à tort que nous trouverions facilement des tickets sur place. Erreur (presque) fatale ! Au guichet, pour obtenir un des précieux sésames, il faut faire la queue à partir de cinq heures du matin sans aucune garantie d'obtenir satisfaction. L'office de tourisme, par contre, nous a donné une astuce qui sauvera notre visite. Chaque fin d'après-midi, vers 17h, des billets sont remis en vente dans le centre ville au Patronato de la Alhambra et Generalife, au 12 Calle Mariana Pineda. Ici se revendent les tickets pré-réservés par les agences de voyage et autres sites de vente en ligne qui n'ont pas trouvé preneurs. Nous avons donc pu y dénicher nos quatre précieux sésames pour une visite le lendemain matin. C'est donc le cœur léger que nous parcourons les rues du vieux centre, allons faire un tour dans la cathédrale plutôt austère et parcourir le quartier typique de l'Albaicin qui offre un point de vue magnifique sur l'Alhambra.

Au petit matin, nous nous attaquons à la visite de l'Alhambra. Il faut savoir que l'entrée dans le palais Nasride, le clou du spectacle, se fait à une heure indiquée sur votre billet d'entrée. Il vaut mieux donc organiser sa visite en fonction de cet horaire car vous n'aurez pas de deuxième chance pour y rentrer avec ce même billet. Nous débutons donc par le Généralife, qui signifie en arabe le jardin ou paradis de l'architecte. Il abritait le palais d'été des princes nasrides qui venaient profiter de la fraîcheur des jardins et des bassins d'eau provenant des sources fraîches de la Sierra Nevada toute proche. On y déambule avec plaisir avant que le flot des touristes ne l'envahisse plus tard dans la matinée.

Nous nous dirigeons ensuite tranquillement vers le palais Nasride en passant par les jardins qui nous réservent de splendides vues sur l'Albaicin et Grenade.

Nous pénétrons ensuite dans l'extraordinaire ensemble palatin des princes Nazaris. Les cours aux décors finement ciselés s'enchaînent les unes aux autres, entrecoupées de patios ornementés de fontaines. Tout y respire le calme et la sérénité, si l'on arrive à mettre de côté le nombre impressionnant de visiteurs. On est admiratif devant le raffinement du lieu, son harmonie et son parfait état de conservation. On a presque la sensation que les princes ont quitté les lieux, il y a peu. L'art hispano-mauresque est véritablement en ce lieu à son apogée.

Nous refaisons un dernier tour dans les jardins avant de partir et de rejoindre la côte. A nous la Méditerranée !

J7

Nous sommes depuis la veille sur la Costa del Sol dans la commune de Salobreña. Cette station balnéaire semble assoupie en cette saison automnale et nous avons pu nous y garer en première ligne en face de la mer. Le temps y est, semble-t-il, toujours beau et ensoleillé et , en tout cas à notre passage, c'est vrai. Il fait tellement bon que les enfants ont fait trempette dans la Méditerranée et ont trouvé l'eau très bonne. Nous avons dormi là, et bien qu'en bord de route, nous avons passé une nuit plutôt calme.

Il nous faut pourtant avancer car la fin des vacances approche et qu'il nous reste pas mal de kilomètres à faire. Nous faisons étape à Ronda, au cœur de la Serra Rondania. Cette cité au long passé historique est connue pour son site naturel spectaculaire surplombant le rio Guadelevin de plus de 170 mètres et comme berceau de la tauromachie moderne avec son arène du XVIII° siècle. Nous préférons admirer son cadre unique à travers une longue balade dans la ville et en descendant dans le Tajo, la gorge qui coupe en deux la ville et d'où l'on voit l'architecture admirable du Puente Nuevo contemporain des arènes.

Nous continuons notre chemin vers Séville, en faisant étape pour la nuit à Olvera, un joli village blanc dominé par son château et son église.

J8

Dans notre jeunesse, nous avions visité Séville au début du mois d'octobre et la chaleur avait été très éprouvante. Et bien, cette fois-ci encore, même si nous sommes à la fin du mois, nous profitons de températures dignes d'un été de nos régions. La visite se fait donc en rasant les murs pour bénéficier d'un peu d'ombre et d'une fraîcheur relative. La ville est immense mais nous arrivons quand même à trouver un stationnement adapté pas trop loin du centre (une vingtaine de minutes à pied). Nous débutons par l'immense Plaza de España construite au début du XX° siècle pour l'Exposition Ibéro-américaine. Cette place en forme de demi ovale est décorée sur toute sa partie courbe d'azulejos représentant les provinces ibériques. On y retrouve le style renaissance, gothique et mudéjar, un véritable hommage à tous les styles marquants de l'Andalousie.

Nous nous rendons ensuite à l'Alcazar, un palais de style mudejar datant de la conquête arabe mais largement utilisé et remanié par les souverains catholiques. La famille royale y dispose encore d'un étage mais nous n'avons pas été invité. Nous déambulons néanmoins dans le dédale de pièces laissées ouvertes durant le tournage d'un film historique et profitons des agréables jardins qui l'entourent.

Nous finissons la journée en nous promenant dans les ruelles du quartier Santa Cruz qui nous mènent après maintes circonvolutions à la cathédrale. Ici aussi, comme à Cordoue, l'édifice chrétien est construit sur une ancienne mosquée. Mais, ici, il ne reste que la Giralda, le minaret devenu campanile, de l'époque mauresque. Nous y passons très vite car nous ne restons pas dormir sur Séville et il nous faut trouver un bivouac pour la nuit. Le premier spot trouvé s'avère un parking plutôt abandonné et pas vraiment attirant pour y passer la nuit. Nous poursuivons donc vers le nord et trouvons un stade dans un petit village où nous passons une nuit dirons-nous plutôt bruyante.

J9àJ11

Il est temps pour nous de quitter l'Andalousie et de revenir dans le sud-ouest. Nous prenons encore une fois le chemin des écoliers et nous faisons une petite incursion au Portugal à Elvas. Nous nous garons au pied de l'aqueduc du XVI° siècle, un des plus long d'Europe avec ses presque huit kilomètres de long. Nous passons l'après-midi à flâner à l'intérieur des remparts qui entourent la vieille ville. Nous irons dormir à quelques pas au pied du Forte de Nossa Senhora da Graça qui surplombe la ville.

Nous traversons ensuite tranquillement l'immense plateau de la meseta les deux jours suivants avant de rentrer chez nous. Mille kilomètres un peu monotones, car nous n'avons pas trop le temps de flâner et de découvrir les petites pépites qui pourraient se cacher de ci de là.

Cette escapade pour les vacances de la Toussaint aura été, certes, assez longue en terme de kilomètres parcourus mais aussi très dense en terme de visites exceptionnelles. Cette saison, malgré le mauvais temps du départ, aura été presque parfaite pour profiter pleinement de cette région. L'automne me semble plus approprié que l'été pour visiter le sud de l'Espagne : il y fait moins chaud, le flux touristique y est moindre et on peut encore se baigner dans la Méditerranée. Cette parenthèse de dix jours nous a permis de sortir de la grisaille automnale tout en ayant un premier aperçu de cette si belle contrée qu'est l'Andalousie. Y voyager en camping-car est finalement assez simple même s'il y a beaucoup de grandes villes à faire.

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