Réveillon sur le Bassin d'Arcachon

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Quelques jours d'escapade au cœur de l'hiver dans un lieu enchanteur et pourtant si proche de chez nous : le Bassin d'Arcachon. Au menu, dunes, écumes, embruns, forêts et petits villages...
Décembre 2018
5 jours
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30
déc

Nous sommes maintenant rentrés depuis près de six mois de notre long périple américain.

Depuis notre retour, nous n'avons quasiment pas touché au camping-car et je dois avouer que mes sentiments à son égard sont devenus très ambigus. Je ne sais plus si je dois le voir comme la maison roulante qui a abrité notre voyage de l'an passé, ou comme le véhicule de loisir que nous avons acheté il y a presque quatre ans et qui nous offre des parenthèses d'évasion dans notre quotidien sédentaire. Lorsque je grimpe à son bord, je suis tiraillé entre l'envie de repartir pour un grand tour ou celle de le vendre en pensant à toutes les petites péripéties qui agrémentent une vie à plein temps à son bord.

Heureusement, ma femme, comme toujours, est la meilleure des conseillères et me décide à reprendre la route pour quelques jours, dans un lieu proche de chez nous et pourtant si merveilleux : le bassin d'Arcachon. L'avantage de s'y rendre en cette saison hivernale tient essentiellement au fait de ne pas y être ennuyé par la foule et donc de pouvoir en découvrir plus facilement chaque recoin avec notre partenaire encombrant.

La décision est donc prise et ce dimanche, après un dernier repas pris à la maison, nous filons vers notre première destination : la dune du Pilat.

En à peine une heure et demie, après avoir traversé l'Entre-Deux-Mers et le nord des Landes de Gascogne, nous atteignons le point culminant de cette partie de la côte atlantique. Avec plus de cent dix mètres d'altitude, cette montagne de sable est la plus haute dune d'Europe et nous permet d'avoir un panorama impressionnant sur les paysages qu'elle surplombe : une dense forêt de pins à perte de vue au sud-est, l'immense lagune formée par le bassin d'Arcachon au nord, la pointe du Cap Ferret qui ferme en partie l'horizon à l'ouest, les tumultueuses passes maritimes qui fixent les limites avec l'océan et les nombreux bancs de sables qui ressortent plus ou moins au gré des marées.

Ce point de vue extraordinaire mérite bien une dure grimpette dans le sable mou et froid. Le souffle est à la fois coupé par l'effort et le spectacle.

La pointe du Cap ferret, au loin.
Le banc d'Arguin et les passes nord.

Le soir tombant, et les températures avec, nous nous dirigeons un petit peu plus au sud, vers la plage du Petit Nice. Ce sera notre premier bivouac. Nous sommes quasiment seuls au milieu des pins et seul le bruit du ressac vient troubler le calme environnant. Un spot de premier choix ouvert toute l'année aux camping-car.

Je profite des dernières lueurs du jour pour me rendre sur la plage afin de bénéficier de jolies vues sur le banc d'Arguin et ses parcs à huîtres. Une bien belle image pour finir la journée.

31
déc

Au petit matin, nous quittons difficilement la chaleur des couettes pour faire un petit tour sur la plage. Le temps est au mieux maussade, voire plutôt carrément tristounet. Les nuages et les bancs de brouillard ont envahi l'horizon et c'est donc une toute autre vision du littoral que nous pouvons observer. Cette drôle d'atmosphère feutrée apporte une touche de mystère au lieu, ce qui ne manque pas de charme.

Après déjeuner, nous rejoignons la ville d'Arcachon. Au milieu du XIX° siècle, l'arrivée du train à La Teste et la nouvelle vogue des bains de mer transforment les dunes sauvages en un petit quartier attirant les gens aisés, séduits par la beauté du site et ses multiples attraits. Louis XVIII en fait une commune en 1857 et son premier maire la dote d'une devise ô combien prémonitoire : Heri solitudo, hodie vicus, cras civitas soit Hier désert, aujourd’hui village, demain cité.

Profitant des vacances scolaires, nous stationnons devant le lycée, situé à moins d'un kilomètre du centre.

Nous commençons notre visite par le quartier de la ville d'Hiver qui rassemble un nombre impressionnant de villas du XIX° au style dit "pittoresque" qui assemble des éléments allant du chalet suisse au palais mauresque. Le résultat est surprenant mais fait le charme de ce quartier.

Nous faisons un saut de puce pour nous rendre à la passerelle Saint Paul et à l'observatoire Sainte Cécile. Ces deux réalisations furent conçues par Paul Régnauld et son célèbre collaborateur Gustave Eiffel. De l'observatoire, on a une vue plongeante sur la ville avec le Bassin et ses bancs de sable en arrière plan. Toutefois, pour les sujets au vertige, n'essayez même pas de grimper les trente mètres de l'édifice ; l'escalier central est étroit et surtout très instable car seulement retenu par des câbles métalliques arrimés à la plateforme sommitale. Par grands vents, ce doit être une drôle d'expérience !

Nous finissons la journée sur le front de mer et la jetée Thiers pour profiter de l'animation du centre-ville et faire quelques emplettes gustatives pré-réveillon. Nous ne résistons pas à notre légendaire gourmandise familiale et nous nous engouffrons dans une petite pâtisserie qui vend les fameuses "dunes blanches", ces petites chouquettes saupoudrées de sucre glace et garnies d'une crème secrète si exquise. Un pur bonheur !

1
janv

Couchés de bonne heure la veille après une bonne partie de belote parents/enfants, je me réveille au petit matin, surpris par l'obscurité et le silence à l'intérieur du camion. J'entrouvre un œil et me rend vite compte que tous les voyants électriques qui éclairent habituellement l'habitacle sont éteints et que le chauffage ne ronronne plus. Je comprends de suite l'origine du problème puisque ma petite femme m'avait prévenu la veille que nous tomberions en panne de batterie. En effet, avec deux jours sans luminosité ne permettant pas la recharge de ces dernières par le panneau solaire et avec un froid de canard qui fait tourner non stop la ventilation du chauffage, nous fêtons donc la nouvelle année avec un camping-car qui se transforme en camion frigorifique. Sacré farceur notre véhicule, toujours une blague au bon moment pour se rappeler à nous. Ça doit être sa façon de nous souhaiter les vœux ou plutôt de montrer son mécontentement de l'avoir délaissé pendant quelques mois. Nous prenons donc rapidement la direction du port pour faire tourner un peu l'alternateur du moteur et ainsi recharger la batterie et pour prendre le petit déjeuner. Une drôle de façon de se souvenir du 1er janvier 2019 !

Un tour vite fait sur les quais pour nous réchauffer et nous devons prendre une décision. Rester malgré la panne et trouver un moyen de se brancher électriquement ou rentrer.

Les enfants ne veulent pas rentrer, il nous faut donc trouver une aire ou un camping pour faire le plein d'électricité. Nous optons donc pour Gujan-Mestras où se trouve la seule aire avec services ouverte l'hiver.

Nous déjeunons sur un des ports de cette commune et y faisons une courte balade, le temps n'étant pas très engageant avec une humidité glaçante et une nappe de nuages bas bien décidée à ne pas s'évaporer.

L'après-midi, nous branchons donc le camion à une borne électrique et prenons le temps de ne rien faire, ou presque, le WIFI du camp ayant donné des idées aux enfants. On attend le lendemain pour aviser et voir la suite des évènements.

2
janv

Nous quittons notre campement, les batteries chargées à bloc, en espérant qu'elles tiennent encore deux jours. Le temps a l'air de vouloir s'améliorer mais le soleil a quand même du mal à transpercer les nuages.

Nous contournons le fond du bassin et ses petites villes ostréicoles pour nous lancer à l'assaut du long cordon littoral que forme la commune de Lège-Cap-Ferret.

Nous faisons étape au charmant village de l'Herbe dont le quartier ostréicole est en pleine effervescence en cette période de fêtes de fin d'année. Nous nous laissons tenter par deux douzaines d'huitres bien fraîches tout droit sorties du banc d'Arguin.

Nous nous rendons ensuite à la pointe du Cap-Ferret, ce bout de terre aux airs de bout du monde soumis à tous les aléas des marées, des vents et de la houle. Au final, nous n'y voyons pas grand chose car un arrêté préfectoral a fermé l'accès au rivage sur toute la partie océane. Depuis le belvédère, nous ne faisons donc qu'entrapercevoir en face de nous la dune du Pilat éclairée avec parcimonie par le soleil hivernal.

Nous faisons un petit arrêt minute au phare du Cap Ferret pour saluer cette sentinelle toujours fidèle au poste pour guider les navires.

Il ne nous reste plus alors qu'à trouver un coin pour passer notre dernière nuit sur le Bassin. Nous optons pour le plus atlantique d'entre eux en migrant vers les plages du Grand Crohot, tout en nord de la presqu'île du Cap-Ferret.

Là encore, nous y trouvons un emplacement immense rien que pour nous, au milieu des pins.

Je brave seul le temps hivernal pour aller regarder le coucher du soleil sur l'Atlantique. Le spectacle des vagues qui s'écrasent sur la plage me rappelle des images de l'an passé, de l'autre côté de l'océan.

A l'époque le soleil se couchait dans mon dos, aujourd'hui il est face à moi.

L'évasion ne se mesure pas au nombre de kilomètres que l'on parcourt mais par le regard que l'on porte sur ce qui nous entoure et je constate que nous avons bien de la chance d'avoir de si beaux paysages si près de chez nous.

3
janv

Ouf, ce matin, le chauffage souffle son petit air tiède et la ribambelle de diode illumine le plafond. Donc, les batteries ont tenu le coup. Nous nous rapprochons de la plage et nous nous emmitouflons pour y faire une fraîche balade matinale.

Le givre recouvre encore les dunes, les allées en bois et la végétation. C'est un joli spectacle à contempler, à condition d'avoir enfilé bonnet, polaire et blouson.

Notre dernière étape nous mène sur Arès, près de la plage de Saint Brice, que nous connaissons si bien, à force d'y avoir emmené se baigner les enfants en été. Aujourd'hui pas de maillots de bain, mais de belles vues sur le fond du bassin d'Arcachon à marée basse.

C'en est fini de notre escapade hivernale sur le Bassin. Il y reste tellement de choses à voir que nous y retournerons à une saison un peu plus clémente. Cette courte échappée maritime aura eu le mérite de nous faire prendre l'air et de repasser du temps ensemble en nous sortant du train train quotidien que nous impose le retour à la sédentarité. D'autres projets et voyages s'agitent déjà dans nos têtes et nous essaierons de vous les faire partager au mieux en images et quelques mots.

Bonne année 2019 et ouvrez l’œil, beautés et merveilles se cachent peut-être près de vous.


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